Headman – « Catch Me »

Catch Me[Album]
17/03/2008
(Gomma/Discograph)

Indissociable, tel est le qualificatif qui colle à Headman, dompteur de sons dance et disco, quand on en vient à aborder le penchant dancefloor de la scène électronique. En effet, ce vingt et unième siècle aura, dans un premier temps, été témoin d’une belle emprise du Suisse sur l’exercice du remix (Franz Ferdinand, Scissor Sisters, Placebo, Royksopp, The Gossip…), qui lui aura permis de laisser quelques classiques derrière lui et ainsi de squatter bon nombre de dj bags aidant sa réputation à faire tâche d’huile. Alors, tout ce que touche Headman se transforme en or, y compris quelques tracks sur lesquels on n’aurait pas parié un sou. De quoi passer dés 2002 du remixeur de génie à celui de producteur de talent, avec « It Rough », un premier album contribuant à la vague punk funk au même titre que le label DFA, suivi quatre ans plus tard d’un « On » tout aussi bien accueilli. Son mélange d’indie rock et d’electro fait des émules, et affiche quelques soutiens non négligeables dans le genre (Soulwax, The Rapture, Radio4…), nouvelles preuves d’une aura grandissante. Robi Insinna dans le civil devient donc incontournable, accumule les tournées aux côtés des 2Many Djs notamment, en profite pour parfois faire appel à un groupe de scène, et crée son propre label Relish Recordings

Headman n’aura donc pas chômé depuis son dernier long format, et aura même trouvé le temps de mettre au monde « Catch Me », un troisième album loin d’avoir été pris à la légère, affichant même de belles ambitions, et un sens encore plus affirmé de la composition. Mixés aux légendaires studios Hansa de Berlin (David Bowie, Depeche Mode, Iggy Pop…), ces douze nouveaux titres ne dérogent pas à son registre habituel, à la fois punk et funky, mais se voient maintenant calibrés dans des structures plus classiques, et baignés de synthés analogiques. En guise de rappel du passé, la participation de Tara, déjà présente sur les deux premiers opus, et en partie responsable de l’impact de « Catch Me If U Can », premier single aux accointances pop et taillé plutôt grand public. Dans la même catégorie, « Running Into Time » (feat Don Cash), « Dreampieces » (feat Jeremy Kerr de A Certain Ratio), « Two Sisters », et « Comeon » (feat Anton Spivac), tous illustrant plus concrètement le rapprochement de Headman avec le DFA de James Murphy

Ce qui ne l’empêche pas non plus de se passer de voix, abattant une carte clairement plus electro mais tout aussi mélodique, comme sur les efficaces « New », « Super » et le final « Interlude Reprise ». Ainsi, Headman ne décevra pas. Et si ces nouveaux morceaux feront sans conteste le bonheur des clubs, difficile quand même d’être sur la même longueur d’onde que Gomma quand il crie haut et fort que ce « Catch Me » va sonner l’heure d’une nouvelle musique électronique. Car, bien qu’efficace et très réussi, cet opus ne se démarque pas vraiment de quelques sorties actuelles. Mais des bonnes, c’est déjà ça..

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