Headcases – « Castaway But Blessed »

Castaway But Blessed[Album]
09/10/2007
(Ascetic/Import)

Ne voyez vous pas comme un certain malaise quand le dernier disque d’un groupe français est uniquement disponible à l’étranger et donc en import? C’est pourtant le triste constat auquel nous nous laissons aller en abordant « Castaway But Blessed », le dernier né de Headcases, tout juste sorti sur le label américain Ascetic dont vous avez peut-être déjà entendu parler via Riddle Of Steel et Retisonic (combo de l’ex Bluetip Jason Farrell). Mais si cela sonne comme une mauvaise nouvelle pour nous, Français ne parvenant plus à reconnaître la valeur de nos groupes de rock, elle reste sûrement ce qui pouvait arriver de mieux à ce combo qui va désormais pouvoir s’ouvrir à un public plus curieux et bénéficier, quoi qu’on en dise, de la crédibilité donnée à toutes nouvelles références en provenance de l’underground américain

Et certains petits labels français risqueraient bien de se mordre les poings plutôt que les doigts à l’écoute de ce troisième album qui aura mis du temps, un peu plus de trois ans exactement, à voir le jour. Entre temps, le bassiste aura partagé (et partage encore) son temps avec Gatechien (« Horses On Parade » n’en est-il pas un reste?), tout en s’attelant à la composition de douze nouveaux titres venant enfoncer le clou d’une belle impression laissée par « Welcome The Intruder« . Headcases a incontestablement mûri, fait preuve d’une homogénéité encore plus forte, faisant de chacun des titres alignés ici de belles déflagrations, dignes du meilleur des Touch & Go et Sub Pop des années 90. On hésite alors longtemps pour qualifier sa musique, butant autant sur la noise, que sur l’indie rock et la power pop

Et puis vient le moment où l’on ne s’affaire que sur la musique plutôt que le qualificatif à lui attribuer. Car « Castaway But Blessed », enregistré par John Congleton au studio de Steve Albini, mérite bien plus que quelques discussions de comptoir tant il aligne avec énormément de brio un rock racé, bourré de rebondissements finement amenés. Headcases, à l’exception du plus posé « Twisting Of The Sharks », fait saigner les fûts, effrite une basse solide autant qu’il fait crier ses guitares, le tout servant de solides décors à une voix sereine parfois appuyée par des choeurs inspirés. C’est donc sans aucune modération qu’on se délecte des superbes hymnes que sont « Castaway But Blessed », « Anxious Precious, Help Dear Lover », « Juggernaut Friend », et « Stretchers In The Hall », tout comme des plus incisifs et presque incontrôlés « Tales Of Far Lands », et « White Dreams On a Honeymoon »

Loin de se laisser décourager par un manque flagrant de reconnaissance de la part de ses concitoyens, Headcases semble même puiser son inspiration et son énergie de ses déconvenues. « Castaway But Blessed » est de ces disques de rock intemporels, qu’on écoutera encore avec le même enthousiasme dans une dizaine d’années. Du coup, quand on se laisse penser qu’il pourrait s’agir d’une des meilleures sorties rock indé de l’année de l’autre côté de l’Atlantique, voilà que reviennent les frissons et étourdissements de l’incompréhension la plus totale. Incontournable

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