Hawnay Troof – « Islands Of Ayle »

Islands Of Ayle[Album]
06/10/2008
(Southern/Differ Ant)

Si l’on creuse derrière Hawnay Troof, on y découvre Vice Cooler, un artiste américain multi disciplinaire, et hyperactif, qu’il s’agisse de musique, d’écriture, ou de réalisation de clips. Ce projet solo qu’il a monté en 2003 offre donc aujourd’hui un deuxième album fidèle à la ligne directrice qu’il a décidé de suivre depuis ses débuts, consistant à mêler la musique électronique à diverses influences, aussi bien club et electronica, que pop, hip hop et punk. Comme si Girl Talk décidait soudainement de composer seul plutôt que de rabibocher les samples… Et le résultat est loin de laisser indifférent, chez l’auditeur informé par un énorme bouche-à-oreille, comme chez ses comparses musiciens dont certains (Xiu Xiu, No Age, Stereo Total…) sont venus poser leur pierre à ce nouvel édifice

Ainsi, Cooler ayant clairement fait un pas en avant en arrondissant les angles de son répertoire tout en le baignant d’un peu plus de mélodies, on se laisse volontiers avoir par le mélange hip hop/pop aguicheur de « Front My Hope (feat Stereo Total) » et « The Gods Are Crazy », comme par le refrain aussi bruitiste qu’accrocheur de « Two Week Bruise » révélant une personnalité aussi décalée qu’elle peut se montrer arrogante. Pourtant, bien que toujours intéressants, d’autres passages sont incontestablement plus cheap et plus modestes. C’est notamment le cas de « Underneath The Ocean » aussi punk dans l’esprit que dans sa rythmique et qui laisse planer un air de revendication au-dessus de lui, ou de « Connection » élu premier single malgré une répétition quelque peu barbante qui parlera peut-être aux aficionados de MIA..

De légers bémols qui n’empêchent pas le concept de ce « Islands Of Ayle » d’aller encore plus loin, puisqu’il est littéralement jonché de samples glanés par Hawnay Troof durant sa dernière tournée mondiale de vingt mois, pendant lesquels il n’a cessé d’immortaliser les sons, qu’ils soient vintage et berlinois (« Front My Hope »), ou cloches de vaches suisses (« Zhou Zhong »). Mais, même s’il souffre de quelques inégalités criardes, d’un tracklisting trop court si on loupe la deuxième galette de remixes en édition limitée, et d’une approche légère et peut être déjà vue en cette ère de bidouille électronique et hip hop, Hawnay Troof rejoint les plus inspirés du genre et prend prudemment ses distances avec une faune de producteurs de chambre en plastique, plus polluants que mémorables. Pas un mal que ça change..

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