Haram – « Drescher »

Drescher[Album]
20/11/2007
(Lovitt/Import)

Le premier album éponyme d’Haram, bien que brut de décoffrage, avait laissé une telle impression qu’il n’aurait pas été démérité que le combo figure parmi les valeurs montantes de la scène rock indépendante américaine. Déballant sans complexe un background et des influences directement piochées dans sa bonne ville de Washington DC, il déposait alors bien trop anonymement une belle démonstration de rock à la fois tendu et mélodique, dans la pure lignée de ce que l’émo peut proposer de mieux quand il ne s’agit pas de le confondre avec celui dont MTV se targue un peu trop rapidement. Un tel potentiel ne devait donc qu’être confirmé par un deuxième album. « Drescher » sort seulement quelques mois après, et Haram n’a incontestablement pas perdu de temps pour avancer et trouver le chemin qu’il devait emprunter

Le même que précédemment. N’allez donc pas chercher un revirement de situation. Le quintet a seulement creusé encore un peu plus son registre, s’armant d’un troisième guitariste pour devenir encore plus puissant. C’est donc désormais trois manches qui servent de rampes de lancement à ces quelques missiles légèrement mieux produits qu’auparavant, mais toujours autant inspirés. Mais, si cette nouvelle donne pouvait laisser présager un répertoire plus technique et consistant, voire bourratif, Haram prend les préjugés à contre-pied en servant des titres plus fluides et aérés que sur son premier opus. Évidemment, il était cette fois plus difficile encore pour le chant, pourtant partagé entre quatre musiciens pour plus de diversité, de se tailler une place au soleil au milieu de tant de déflagrations électriques. Il se tient donc légèrement en retrait, ce qui donne à ce « Drescher » une couleur très nineties que les fans purs et durs du véritable émo sauront apprécier

Et le résultat ne se fait pas attendre. Dés « Drescher Clock », à l’instar des excellentissimes « St Feliu » et « M Greene », on retrouve le groupe là ou on l’avait laissé, proche d’un rock sans concession, popisant, dissonant et mélodique. Le ton est donné, l’un des meilleurs titres est lâché. Pourtant, le reste du tracklisting n’aura clairement pas à rougir, affichant la belle et intéressante complémentarité des trois guitares sur des « Mannequin » et « Head Over Heart » plus retenus (sans parler du poppy « Death Blues »), se montrant capable de ralentir le tempo sans perdre en intensité (« Fever Sleep »), ou de lâcher les chiens sur un « Centrum » baigné dans le hardcore et la noise

« Drescher » comme son prédécesseur pourraient bien réussir l’exploit de placer leur géniteur à deux reprises dans le top 10 de l’année 2007. Et cela, même si on reprochera à Haram de ne pas être aussi généreux en titres (neuf sur ce disque) qu’il l’est quand il s’agit de maltraiter les instruments. En effet, un peu plus de trente minutes écoulées à l’écoute d’un tel opus passent définitivement bien trop vite. Il ne nous reste donc plus qu’à le passer en boucle jusqu’à un troisième album qui, on l’espère, arrivera aussi vite que celui-ci. Incontournable

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