Guillaume Eluerd – « The Year Of The Dog »

The Year Of The Dog[Album]
26/09/2007
(Fabriq/Cod&S)

J’ai dû avoir un traumatisme à l’adolescence ou un complexe d’infériorité, genre j’étais jamais dans le coup, pas pote avec les gens qu’il fallait ou un truc comme ça, mais en tout cas j’ai tendance aujourd’hui à me méfier plus que de raison dès que quelque chose devient trop à la mode… Et l’une des dernières à envahir les pages des magazines bien comme il faut a été lancée par des types connus pour faire de l’électro qui se sont soudainement mis à gratouiller une guitare sèche, pour être eux aussi chroniqués dans Télérama aux côtés des hippies du XIXème siècle qui réussissent à vendre des disques. Je dis ça, je suis mauvaise langue, parce qu’il y a sans doute eu quelques bons albums dans le lot, et peut-être animés par de plus saintes motivations. Mais quand même, on ne pourra pas m’enlever de l’idée que c’est un peu la mode en ce moment (cf. Fink, Money Mark, etc.)

Du coup, quand j’ai découvert que Guillaume Eluerd officiait auparavant sous le nom de NIMP sur le label electronica Parametric (Milligramme, Mimetic…), autant vous dire que j’ai vu rouge. Je me suis dit que le moment étaie enfin venu de vomir mon fiel atrabilaire et putrescent (en plus, un versaillais inconnu au bataillon, trop facile…) et que ça ne pourrait pas me faire de mal (à défaut de changer quoi que ce soit à l’affaire). Eh bien, même pas. Y a pas de justice..

Car « The Year Of The Dog » est un très bon disque. Plus je l’écoute, et plus je suis obligé de l’avouer. J’aurais même pu vous le dire à la première écoute si j’étais complètement honnête. Pas révolutionnaire pour un sou, on ne va pas vous raconter de salades, mais sacrément bien troussé. Ces onze douces pop songs ont toujours été là, tapies dans un recoin de votre surmoi, prêtes à vous trotter dans le crâne pour ne plus en partir

Et là où la plupart des nouveaux venus joue la facilité du misérabilisme pour vous attendrir, Guillaume Eluerd insiste pour exister sur plusieurs tableaux à la fois: le bonhomme sait aussi bien écrire une ballade vénéneuse qu’un refrain pop guilleret. L’exemple est frappant avec ce « Paper Of Armenia », décliné en deux versions aussi bonnes l’une que l’autre. Une « (Quiet) », magnifiée par des arpèges frôlés et une voix tremblante, et une « (Not So Quiet »), plus alambiquée, digne du sens de la bricole de Sufjan Stevens, refaisant le coup de la rythmique/balle de ping pong à la Antipop Consortium

Si la majeure partie de disque sent quand même un peu la déprime (« Ballad », « Failure », « The Beauty Of Mankind », « Oh Brother What A World! »…), « No Soap » ou « The Old House » restent de jolies mélodies à siffloter sous la douche pour bien démarrer la journée… Les arrangements choisis pour accompagner le duo guitare/voix sont souvent discrets mais un morceau plus symphonique comme « Friends » laisse penser que Eluerd ne rechignerait pas à l’ouvrage si on lui donnait les moyens de ses ambitions

Ce disque est la première sortie du jeune label Fabriq, mais aurait tout autant pu venir grossir les rangs du catalogue Fat Cat (aux côtés de ceux d’Animal Collective, par exemple…). On peut en tout cas lui souhaiter d’atterrir sur les platines des fans de José Gonzales, Herman Düne, Syd Matters ou Sébastien Schuller, car il a largement le niveau

Bon, ok, lui s’en est bien sorti, mais je vous promets que le prochain néo-folkeux qui atterrit par chez moi va morfler pour les autres… Enfin, faudrait. Avant que la mode ne passe, au moins..

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