Guerilla Poubelle – « Punk = Existentialisme »

Punk = Existentialisme[Album]
29/10/2007
(Crash Disques/Pias)

Entre ses deux albums, Guerilla Poubelle aura fait du chemin. Que ce soit sur la route par d’innombrables concerts jusqu’au Japon, ou musicalement. Passé du statut de sérieux outstider qu’il fallait présenter à celui de fer de lance de toute une génération punk, le groupe fait désormais partie du paysage musical français. Et cela malgré une éthique irréprochable qu’on pensait jusque-là incompatible avec les aléas d’une renommée grandissante. Mieux encore, Guerilla Poubelle a fini par apprendre aux français élevés à la culture musicale américaine que leur langue pouvait coller à sa musique, et qu’en plus elle avait l’avantage de se faire comprendre quand elle avait des choses à dire. C’est donc têtes baissées que les Parisiens ont remis le couvert pour s’afficher, peut être même malgré eux, telle la sortie punk la plus attendue de cette rentrée

Et pour cause, « Il Faut Repeindre Le Monde » était encore récemment de ces disques vers lesquels on revenait régulièrement. C’est donc juste avant qu’on finisse par le chanter sous la douche que Guerilla Poubelle rafraîchit son répertoire de seize nouveaux titres confirmant tout le bien pensé d’il y a déjà deux ans. Et il faudra attendre de ce « Punk = Existentialisme » qu’il soit la suite logique de son prédécesseur. Ici, les morceaux sont toujours balancés pied au plancher, mais le quatuor, à l’exception de « Le Travail Rend Libre » (clin d’oeil à notre cher Président) évite avec brio, par le biais de quelques breaks efficaces et de titres plus mid tempi qu’à l’accoutumée (« Y a Pire Ailleurs », « L’Equipe Z », « Un Elephant Dans Une Porcherie »), les quelques élans de précipitation dont pouvait souffrir son premier opus. Pas un mal car il n’y perd cependant pas en énergie (« Quand Le Ciel Sera Tombé », « Cogne Sur Un Flic Pas Sur Ta Femme »), et même si le livret est très complet (texte et explication de texte), il y gagne en compréhension. Le reste n’est qu’autoroute d’accords solidement plaqués, généralement en deux minutes de temps, et de revendications offensives donnant à Guerilla Poubelle un éclat générationnel (« La Drogue C’est De La Merde », « Libéral Et Propre », « Cette Chanson Parle De Télé »)

C’est simple, sans prétention, spontané, bien produit, mélodique. Il n’en fallait pas moins pour qu’aucun des titres de cet album ne dénote du reste. Mieux encore, cela permet au combo de pondre quelques hymnes venant chatouiller son « Demain Il Pleut ». C’est notamment le cas sur les excellents « L’Equipe Z », « Dans La Diagonale », et « Punk Rock Is Not a Job » (recadrant l’incompréhension de certains acteurs musicaux face à l’éthique du groupe) et d’autres hymnes aux refrains aiguisés (« Tapis Roulant », « L’Ecole De La Rue », « Y a Pire Ailleurs », « En Noir Et Blanc »). Et quand on s’attarde un peu sur « Génération », un des deux titres datant des débuts du groupe avec « Etre Une Femme », on se dit que le joli destin de Guerilla Poubelle était déjà bien écrit

Encore, puisque les Parisiens ont toujours le petit plus qui fait la différence, ils semblent avoir trouvé la solution la plus efficace et finalement la plus évidente pour ne pas trop se faire pirater. Car « Punk = Existentialisme », c’est aussi un DVD de leur photographe attitré, comptant une heure et demie d’un documentaire retraçant soixante-dix dates données en 2006. Anecdotes, images live, et vie d’un groupe en tournée sont donc au menu, histoire de vous inviter au coeur des Guerilla Poubelle, en passager supplémentaire du van. Une belle leçon de punk… et d’existentialisme..

En écoute

1. Punk Rock Is Not a Job     
2. Tapis Roulant     

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