Grosso Gadgetto – « Paranorama »

Paranorama[Album]
01/09/2008
(Jarring Effects/Discograph)

Une scène electro dub surpeuplée comme peut l’être la nôtre ne laisse que peu de place aux groupes trop immatures. C’était le cas de Grosso Gadgetto au moment de la sortie de leur premier album chez les lyonnais de Steppin Razor en 2005. À l’époque, « How Long Do You Have To Wait? » posait d’ailleurs la question appropriée. Toujours est il que, depuis, les gaillards se sont pris en main. Et à force de concerts, de participations à diverses compilations (« Audioactivism« , « JFX Bits »), et de maxis (« Your Mother Smokes Crack » également présent ici), ils se sont fait une santé telle qu’ils figurent désormais au catalogue Jarring Effects qui, bien qu’avec une politique de signature plutôt agressive ces derniers temps, n’en reste pas moins un gage de qualité.

En l’espace de trois ans, le quatuor est donc passé du « gros gadget » sans intérêt au jouet pour adulte. « Carn », qui ouvre les hostilités, en atteste en dévoilant une force de frappe bien plus importante que celle à laquelle le groupe nous avait habitué jusque-là. Le décor est sombre, les sons cisaillent, plusieurs couches saturées s’abattent sur l’auditeur sans lui laisser un quelconque répit. Alors que l’ombre d’un hip hop expérimental se dessine peu à peu, ses contours deviennent soudainement plus nets quand The Real Fake Mc, rappeur franco américain habitué du giron Jarring Effects, vient poser ses lyrics sur cette ambiance à la fois plombante et électrique qui lui va à ravir à force de venir la puiser sur les bords du Rhône. Pas étonnant donc que le résultat, et plus particulièrement son intégration au projet, sonne de manière si naturelle à entendre les excellents « Bored To Death », « Teach Me How To Preach », et « Water » rappelant autant le « Absence » de Dalek que la scène indépendante new yorkaise des années 90, alors emmenée par les toujours mythiques Company Flow

Mais, comme tout album préférant la cohérence à la diversité, ce « Paranorama » laisse passer quelques inégalités révélées par quelques titres en demie teinte, proches des plus réussis sans parvenir à les égaler. Ainsi, « Ghost Ride », « I Love Ya Green Dress », ou « The Message » pour ne citer que ceux-là, courent désespérément après les morceaux cités précédemment, en amenant par la même occasion quelques lourdeurs compromettant l’écoute d’un seul trait. Mais cela n’enlève rien à la progression de Grosso Gadgetto, devenu un acteur solide de cette scène hip hop trop extrême pour espérer se sortir de la marginalité

Ecoutez un extrait ici.

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