Grizzly Bear – ‘Painted Ruins’

Grizzly Bear – ‘Painted Ruins’

Album / RCA / 18.08.2017
Indie folk pop


Tout pouvait être à craindre quant au devenir de Grizzly Bear. Un dernier album en date certes sublime et acclamé, mais un succès grandissant et une tournée plus longue que de raison firent naître en chacun des membres, usés, l’envie de prendre de la distance vis à vis des uns et des autres. Un éloignement qui s’avérera salvateur, donnant lieu à des retrouvailles plus qu’espérées et attendues par les fans, dans un contexte géopolitique inquiétant, incitant au rassemblement et à l’unité. ‘Painted Ruins’ est totalement imprégné de ces récentes années vécues par le groupe. De leur long soutien incommensurable pour Bernie Sanders au combat permanent contre l’idéologie de Trump, de leurs voyages et autres périples aux questionnements plus personnels sur leur passé, la bande à Ed Droste et Daniel Rossen a su tirer de ces expériences individuelles une réflexion sur eux-mêmes et leur musique.

A l’inverse parfois de groupes comme Fleet Foxes, mais dans la droite lignée de ses illustres idoles Radiohead, Grizzly Bear n’a cessé tout au long de sa discographie de rendre accessible une musique qui aux premiers abords ne l’était pas, sans pour autant se perdre dans des concessions identiques à celles faites ces derniers temps par les membres d’Arcade Fire. A ceux qui ont écouté le single ‘Mourning Sound’ et qui ont cru voir en celui-ci une direction plus pop et simpliste, il n’en est rien : ‘Painted Ruins’ renoue avec les instants de grâce de ‘Yellow House’, la force et l’impact de ‘Veckatimest’ et ‘Shields‘. De la sublime entame ‘Wasted Acres’ au voluptueux ‘Three Rings’, du seventies ‘Cut-Out’ à la magnifique conclusion ‘Sky Took Hold’, la bande de Brooklyn semble, avec une maîtrise et un naturel déroutant, s’accommoder du chaos et du désordre qui habite son esprit, comme pour mieux le reconstruire. Bien que parfois complexe, ce nouvel album fascine par une curieuse immédiateté portée par des rythmiques amples et solides, des mélodies accrocheuses et une production aussi classe que charmeuse. Chaque titre défile comme un paysage, un instant capturé, parfois sombre (‘Aquarian’, ‘Glass Hillside’), parfois solaire (‘Losing All Sense’), à l’image de l’association Droste/Rossen, source une nouvelle fois d’émerveillements sonores.

Il ne s’agit pas ici de savoir si ‘Painted Ruins’ est un meilleur disque que ses prédécesseurs. Il est une étape de plus, sinueuse mais non moins flamboyante et lucide, dans le parcours du groupe. Un album riche et équilibré, à l’image de ces musiciens qui gardent la tête sur les épaules, et dont bon nombre de leurs contemporains ne peuvent se vanter d’avoir autant le sens de la symbiose humaine.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
‘Wasted Acres’, ‘Mourning Sound’, ‘Three Rings’, ‘Losing All Sense’, ‘Cut-Out’


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