Grems – « See Sex & Grems »

See Sex & Grems[Album]
20/12/2008
(Deephop Panel/Naive)

Touche à tout, jamais à la même place, Grems le provocateur les accumule, mais toujours avec succès. Graffeur, graphiste, rappeur, producteur selon les heures, le bordelais a toujours de quoi faire…à contre-pied. Car le bonhomme ne connaît pas la facilité, fuit les conventions, se complait dans l’inclassable. Quoi qu’il fasse. Son parcours et sa discographie longue comme le bras en attestent, que ce soit en groupe avec Hustla et Rouge à Lèvres, ou en solo avec « Air Max » (2006) et son successeur « See Sex & Grems », nouvel album clôturant l’année 2008 du rap français sur un ton particulier mêlant humour, cynisme, ironie, et une touche éclectique forcément teintée house et brokenbeat

Entre de nombreux interludes souvent drôles (testez « Ma Moi Ou Je »), Grems étale son goût pour un hip hop qui mérite plus que jamais l’annotation electro, que ce soit par ces rythmiques house aux clichés chics qu’il aime arroser de vulgarités (« Cheese Burger (feat Detroit Grand Pubahs »), ou son approche expérimentale et minimale (« La Tombe », « Aspect Chrome », « Vie ») l’amenant parfois jusqu’à sonner trop linéaire et monotone (« Illuminati »). Cette impression est d’ailleurs récurrente, amplifiée qu’elle est par une ambiance générale plus sombre que par le passé, et par un flow haut débit (« Marcello »), reflet de tout ce que ce Mc a à dire, de sérieux ou de plus léger. Rien de fatal pour autant puisque Grems possède un goût prononcé pour les morceaux courts, ceux qui ne laissent pas le temps aux réticents de fuir sans être rattrapés par leur curiosité

Car, bien qu’il apprécie particulièrement se tirer lui-même quelques balles dans le pied, Grems lâche quelques titres de fière allure, souvent grâce à quelques featurings permettant de cadrer son imagination débordante. Ainsi, « MJC (feat Wildchild) » et « Dirty (feat Foreign Beggars) » intègrent les plus réussis. Tout comme « Hater », énième parodie d’une certaine frange du hip hop parisien signée par le grand chauve, la house funky de « Paul Prebo Le Jarret », ou « La Salsa Des Copains » aux couleurs brésiliennes façon Bois de Boulogne. Mais, au dessus du lot, « Sec Ma Gueule », « Peace » et « Baltringue », trois titres dans la lignée de l’album précédent, rappellent à quel point Grems est efficace quand il joue de demi-mesure, et qu’il saupoudre son registre d’un peu plus d’accessibilité

En 30 titres, le bordelais impose un peu plus le deepkho, ou le savant mélange du rap et de la house. Il ne manque pas non plus de se présenter comme une alternative à un electro hip hop qui semble avoir abattu toutes ses cartes. Quant au hip hop dit classique, ça fait un bail que Grems ne le voit même plus apparaître dans son rétroviseur..

Ecoutez un extrait ici.

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