Grayskul – « Bloody Radio »

Bloody Radio[Album]
15/10/2007
(Rhymesayers/Import)

En 2001, l’écoute de « The Cold Vein » de Cannibal Ox aura fait office de détonateur chez un public hip hop averti, mais aussi au sein de la petite communauté d’artistes. En effet, les New Yorkais auront au moins eu le mérite de motiver les membres d’Oldominion ainsi que les Mcs Onry Ozzborn et JFK à s’unir sous la bannière Grayskul. C’est donc deux ans après la sortie de ce disque, incontournable dans le paysage contemporain, que la troupe de Seattle loue les services du bassiste Rob Castro et se lance dans le grand bain. Rhymesayers tique sur le groupe, le signe, et sort un premier album en 2005 (« Deadliners »), aujourd’hui succédé par un excellent « Bloody Radio »

Comme pour le précédent opus, Grayskul cultive l’imagerie du goth rap, que ce soit dans la pochette, l’ambiance générale du disque, ou dans le contenu de ses lyrics. C’est pourquoi, il faudra attendre de « Bloody Radio », et de son hip hop somme toute classique, une certaine noirceur (« The Last Lullaby »), des beats efficaces et mélodieux (« Virginia N.M.2. »), sur lesquels les MCs s’étendent sur les thèmes de la mort, de l’injustice, ou même sur leurs vies personnelles. Pas de crainte donc, on est bien dans la lignée des productions Rhymesayers qui font régulièrement leurs preuves, et les MCs (Ozzborn surtout) n’ont pas levé le pied d’un iota

Bien au contraire, l’homme au flow nasillard qu’on avait découvert au sein d’Oldominion navigue dans un décor qui ne pouvait mieux lui aller. Ainsi, Grayskul, sans pourtant être révolutionnaire, aligne quelques titres d »une efficacité redoutable qui ne manqueront pas d’huiler les cervicales. C’est le cas de « Dope » et de son refrain destiné à devenir indélébile, de « Missing » (feat Andrea Zolla de Pretty Girls Make Graves, et Evanescence) et de sa touche goth gentillette, de « Haunted » et « Is It Me » aux productions très rock, et de « Us » que les fans de 50 Cent devraient plutôt préférer à leur mentor radiophonique

Et la liste pourrait encore s’allonger (« The Office » feat Aesop Rock et Slug), même si les featurings de Cage ou Pigeon John ne sauvent respectivement pas « How To Load a Tech » et « Dance The Frantic ». On évincera aussi bien volontiers les écarts à obédience grand public, façon Outkast, abordées sur les « Bloody Radio » et « Scarecrow » surtout. Bien peu pour venir contrebalancer le reste de cette quinzaine de titres qui fait de ce nouvel album de Grayskul une des sorties les plus passionnantes de ces derniers temps. Encore plus puisqu’il vous faudra fouiller pour le trouver, car la France n’a apparemment pas jugé bon de vous le servir sur un plateau. Peut être un signe..

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