Gravenhurst – « The Ghost In Daylight »

grav180Album
(Warp)
23/04/2012
Pop

Comme de nombreux auteurs ayant atteint un certain âge et une certaine maturité artistique, Gravenhurst aurait pu se contenter de poursuivre une carrière sans risque, à savoir faire ce qu’il sait faire. Continuer à démystifier la pop dans ses albums ou sur scène, interroger son époque pour mieux la disséquer, voire s’enfermer dans son rôle d’instrumentaliste hors-pair. Mais Nick Talbot n’est pas de ceux-là, et revient avec un somptueux album narratif, comme plus personne n’ose en produire.

Cinéphile, le mec? Il ne le dira pas, mais oui! « The Ghost In Daylight » fera donc taire les grincheux qui, chaque année, déplorent l’incapacité des compositeurs à se saisir du monde qui les entoure pour y inventer des histoires. Songwriter patenté, surdoué mais timide, Nick Talbot joue perpétuellement sur des notes au bord de l’extinction. Un ensemble d’arpèges qui permet d’émerveiller le lieu où l’on se trouve. Classique dans son approche, « The Ghost In Daylight » n’en reste pas moins un geste de compositeur d’une beauté tranchante. De « Circadian »  à « Three Fires », l’album n’en finit pas de se déployer dans l’espace et dans le temps. Jusqu’au bout du bout, on le suivra.

« The Ghost In Daylight » est un monde en soi, une théorie, un véritable abécédaire des obsessions d’un compositeur délicat et habité. Mais c’est loin d’être son seul horizon. Ses intentions: recréer la science des rêves dans un décor frissonnant de tristesse, dépouillé de tout décorum. A cœur perdu, on se laisse définitivement absorbé par cet univers où nos larmes coulent calmement. Heureusement, l’album a le mérite de garder une certaine sobriété et de ne pas se complaire dans les sanglots. Et comme dans un rêve étrange et sombre, on reste en pleine admiration.

En écoute intégrale

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