Grandbrothers – ‘Open’

Grandbrothers – ‘Open’

Album / City Slang / 20.10.2017
Piano expérimental


Le duo Grandbrothers n’est pas le premier à envisager les sonorités classiques du piano dans un contexte électronique. Avant lui, certains ont poussé si loin ce mélange tant éloigné sur le papier qu’on pensait avoir tout entendu du possible. C’était sans compter sur ces deux allemands qui, avec leurs expérimentations parfaitement huilées, se sont posés une autre question : pourquoi limiter le piano à deux mains ? Et c’est avec beaucoup d’ingéniosité qu’ils ont amené leur propre réponse : pendant qu’Erol Sarp ballade ses doigts sur le clavier, Lucas Vogel va non seulement sampler les notes de son acolyte mais aussi manipuler l’instrument depuis son ordinateur, en contrôlant les marteaux ou en passant par des arcs influant sur les cordes via un champs électromagnétique.

Mais si Grandbrothers est un concept qui prend tout son sens lorsqu’on le voit évoluer en live, le duo sait aussi offrir des compositions aussi cérébrales qu’accessibles. Et c’est toute la réussite de ‘Open’, deuxième opération à coeur ouvert dont les mélodies pop sont l’arbre qui cache la forêt. Car il n’est jamais question ici de déballer maladroitement ses expérimentations pour ‘rentabiliser’ le travail millimétré abattu pour en arriver là. Non, à aucun moment de ce deuxième album, Sarp et Vogel n’oublient qu’on les écoute avant tout. Forts d’une plus grande finesse, et surtout d’une plus grande maitrise depuis ‘Dilation’ (2015), les deux brouillent plus que jamais les pistes. Qui fait quoi ? La question se pose, mais pas longtemps au regard des ambiances et des mélodies qu’ils déposent à chaque étape accrocheuse de ce disque, comme autant d’instantanés d’un savoir faire unique trouvant sans cesse son équilibre entre la simplicité du jeu d’Erol Sarp et la complexe méticulosité de son acolyte (‘Bloodflow’, ‘Long Forgotten Future’).

Mais à l’image de la densité progressive affichée par ‘White Nights’, des infimes détails qui tissent ‘Circonflexe’, ou de la fausse simplicité de titres ou le piano semble évoluer seul (‘Honey’, ‘Alice’), ‘Open’ sait aussi abattre bien d’autres atouts quand la mélodie décide de battre en retrait. Là, l’intrigue nous saisit, et on se prend à rêver de se voir jouer l’album au ralenti, penché au dessus du ventre de cet instrument devenu le temps de ces dix titres une bête curieuse, aussi gracieuse que chaleureuse, rappelant mieux que jamais qu’il faut se méfier d’une tradition qui dort.

VIDEO
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
‘Bloodflow’, ‘Long Forgotten Future’, ‘Honey’, ‘Circonflexe’, ‘Sonic Riots’


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