Gorillaz – « The Fall »

gorillaz180Album
(Free download)
25/12/2010
Digipop

Mea culpa. Enfin pas tant que ca. Si « Plastic Beach » n’a pas conquis grand monde chez nous à sa sortie, il nous faut reconnaitre que l’album a su gagner en saveur avec le temps, et que les titres pointés du doigt à l’époque se sont parfois révélés les meilleurs une fois bien digérés. Tout cela pour dire qu’on a appris à prendre avec des pincettes un nouvel opus de la bande d’Albarn, y compris quand le concept invite aux conclusions hâtives. Car c’est à partir d’un iPad et de ses applications, dans un studio mobile installé sur chaque date de la tournée américaine du groupe, que « The Fall » a été entièrement composé, puis mis en ligne quasi immédiatement pour qu’Albarn n’ait pas l’opportunité de prendre du recul et de le retoucher. Cet (ultime?) album de Gorillaz doit donc être abordé comme une session d’enregistrement brute, comme un carnet de route musical trop léger pour être commercialisé de manière conventionnelle. Proposé gratuitement à l’écoute depuis le jour de Noël, « The Fall » est donc comme le reflet des quelques semaines que Gorillaz a passé aux Etats Unis à voir défiler sous ses yeux les plus vastes paysages propriétés de l’Oncle Sam. Certains titres ne manquent d’ailleurs pas de mentionner l’endroit ou ils ont vu le jour. Bonne idée au demeurant, sauf que cet album fera peut être une meilleure pub à Apple qu’à Gorillaz lui-même car l’iPad suffit sûrement amplement à la maison mais affiche toutes ses limites quand il s’agit de pondre un disque. Et pour cause, si quelques morceaux parviennent à faire bonne figure ici (« Phoner To Arizona », « Hillbilly Man », « Amarillo », « Bobby In Phoenix »), qu’une poignée seulement aurait eu le potentiel de se retrouver au tracklisting d’un véritable disque (« Revolving Doors », « The Parish Of Space Dust »), on peut cette fois avouer avec une certaine assurance que le reste souffre littéralement du potentiel trop restreint de l’appareil qui le fait se cantonner à des sons principalement digitaux (« Shytown », « Little Plastic Bags », « Aspen Forest ») et à des synthétiseurs souvent trop dominants pour rester digestes (« Detroit », « The Joplin Spider », « The Snake In Dallas »). L’expérience est donc toujours bonne à prendre et mérite l’écoute, mais s’en tire principalement par sa gratuité.

Ecoutez.

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