Gorillaz – « D-Sides »

D-Sides[Album]
19/11/2007
(Parlophone/Emi)

Le Père Noël aurait-il laissé tomber les cerfs pour des vaches à lait? C’est un peu ce à quoi on pense inévitablement quand sort dans les bacs, fin novembre de surcroît, une compilation de fonds de tiroir offerte par le groupe virtuel le plus célèbre de la planète. Pourtant, depuis la naissance de The Good, The Bad & The Queen, Damon Albarn ne s’était pas privé d’annoncer haut et fort que Gorillaz n’était plus qu’un projet appartenant au passé. Lui, comme sa maison de disque, auront donc vu les choses autrement, bien conscients que ce « D-Sides », suite du pourtant très réussi « G-Sides », allait faire l’objet d’un cadeau facile pour les consommateurs de fin d’année, touchés de plein fouet par le manque d’inspiration

Au menu, treize titres inédits sur une première galette, et une petite dizaine de remixes sur la seconde. De quoi ravir les fans les plus éperdus de Gorillaz, qui pourront désormais se satisfaire de n’avoir jamais rien manqué à l’aventure du chanteur de Blur. Forcément, ils ne seront pas surpris d’entendre ce que l’Anglais a à leur proposer ici. Comme il a toujours su le faire, Gorillaz pioche dans le rock, l’electro, le hip hop, et la pop. Mais à la différence des albums officiels ayant toujours dévoilé des titres réellement intéressants, ce « D-Sides » ne s’avère malheureusement pas aussi passionnant. En effet, certains morceaux auraient largement pu rester secrets (« 68 State », « Highway », « Bill Murray »), d’autres s’en seraient mieux sortis en version instrumentale (« People », « Rockit »), quand ils ne rappellent pas simplement que le nouveau chantier d’Albarn n’en est que la suite logique et humaine (« Hongkongaton », « Kong Kong »). Il faudra donc que Gorillaz lorgne vers un répertoire plus tranchant, et plus généralement vers une certaine débauche d’énergie pour que « We Are Happy Landfill », « The Swagga », « Spitting Out The Demons », « Stop The Dams », voire « Murdoc Is God », fassent leur petit effet et offrent un léger intérêt à ce disque

Une fois mis de côté le « Dare » revu par DFA et Soulwax, maintes fois servi, ce sont bien les remixes qui justifient l’acquisition de ce « G-Sides ». Stanton Warrior fait de « Feel Good Inc » un véritable tube dancefloor, l’impertinent Jamie T apporte sa touche indie atypique sur un « Kids With Guns » rendu également plus groovy par Hot Chip, et plus ambiant par Quiet Village. Même Metronomy et Junior Sanchez, pourtant peu convaincants habituellement, parviennent à trouver assez d’inspiration pour offrir une nouvelle vie à « El Manana » et « Dare »

Cette fois, difficile donc d’encenser Gorillaz dont on a pourtant souvent cautionné la démarche. On a toujours beaucoup de mal à comprendre pourquoi un groupe ayant autant marqué les esprits décide de laisser, comme dernière trace discographique, quelques titres trop en demi-teinte pour figurer sur les albums, quelques remixes circulant déjà depuis de nombreux mois et possédés par les fans les plus attentifs. Ce n’est donc pas sur notre dos que le vieux rougeaud accrochera son traîneau

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