Goodbye Diana – ‘Goodbye Diana’

Album / Head Records / 20.04.2015
Post/math rock

On pensait Goodbye Diana mort et enterré, jusqu’à ce que son label Head Records finisse par lâcher la bonne nouvelle, non sans excitation. Après six ans d’absence, les Montpelliérains sont bel et bien de retour pour offrir un successeur à ‘Odds & Ends’, un premier album qui confirmait déjà tout le talent affiché par le groupe à l’époque de ‘Mobilhome’. Le temps a donc fait son oeuvre, sans pour autant altérer l’inspiration du désormais trio, resté fidèle au post rock instrumental et burné qu’il a cette fois décidé de confier à Serge Morattel, cet expert du gros son ayant déjà servi la cause de Ventura, Basement, Knut ou Year Of No Light.

Dans une apparente simplicité, la musique de Goodbye Diana – nettement plus fine et aventureuse que celle de ses homologues – renoue donc avec ses penchants math rock (‘Moustache 34’, ‘Alan Biquet’), sa puissance toujours maîtrisée (‘Poilus 72’), et surtout sa bonne habitude de laisser parler sa technique en prenant bien soin de ne jamais en faire des caisses pour rester digeste. Au fil de ces cinquante minutes découpées en dix titres efficaces et élégants, les trois multiplient donc les changements de rythme et les riffs souvent mélodiques (‘Yvon de Chalon’, ‘Herbert d’Autoroute’), sans jamais sembler souffrir de la réduction de personnel intervenue durant leur longue absence.

Egalement porté par un groove auquel pourront sans problème se rattacher les réfractaires à un rock trop capilotracté (l’imparable ‘Robert Fripp En Cagoule’), Goodbye Diana sait varier les plaisirs, dompter l’intensité de ses morceaux, à l’image des moments où il préfère les accords à l’arpège pour décupler sa force (‘Gégé 28’, ‘Jean Pierre’), ou des belles accalmies qu’il offre une nouvelle fois à cet album et qui rappellent aussi son éternelle affection autoproclamée pour June Of 44.

Alors qu’on pourrait penser cerner tout le savoir-faire du groupe dès les premiers morceaux, l’entendre affûter ainsi son registre au fur et à mesure qu’on approche de la fin de l’album (le très inspiré ‘Chuck Norris Is Fucked’) laisse définitivement sur l’impression d’atouts magnifiquement conservés, jetés ici avec un enthousiasme et une fraîcheur dignes de joyeuses retrouvailles toujours bonnes à prendre.

‘Robert Fripp En Cagoule’, ‘Jean Pierre, ‘Chuck Norris Is Fucked’

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