Godfather Don – « Nineties Session »

Nineties Session[Album]
20/11/2007
(Hi Hat/Import)

La fin d’année, toujours propice à un brin de nostalgie, voit arriver avec bonheur de quoi l’alimenter. En effet, Godfather Don nous propose quelques raretés et autres démos de son meilleur cru, qu’il intitule « Nineties Sessions », millésimes 93 à 97. Cet opus couvre la période la plus prolifique du Don, celle où il formait les Cenobites et sortait le Ep éponyme en compagnie de Kool keith et Percee P, ou encore quand les Ultramagnetic Mc’s lui demandaient de produire une partie de leur album « The Four Horsemen ». Depuis, on se rappelle surtout de ses productions pour Cormega, Screwball ou encore Scaramanga. Preuve que cet old-timer reste toujours efficace, à l’instar de Gangstarr quand celui-ci explosait internationalement, et avec qui il a contribué à l’hégémonie hip hop de New York

Qui se rappelle de cette époque bénie retrouvera tous les ingrédients qui, jadis, alimentaient les conversations, et en premier lieu une profusion de samples essentiellement jazz et free jazz, véritable blindtest pour les passionnés de « diggin ». Sans compter un flow old school que plus d’un ont cherché à imiter. « Do I Come Off », « Listen Close », « Memories », « Colors Of Death » sont autant d’exemples du style de prédilection de l’époque, relayé par les A Tribe Called Quest, Jungle Brother, De La Soul. Comment ne pas imaginer l’émulation de la capitale quand il répondait à Rza avec « Sleep », poussant un peu plus loin la lourdeur du beat. « Do My Thing », petit clin d’oeil à Guru, histoire de se rendre la politesse entre seigneurs de ces moments épiques, véritable âge d’or du rap, quand la course à la qualité était plus importante que celle de la quantité, en vogue aujourd’hui. « Sadistic », « Assuming Dat », si vous n’êtes pas encore parti fouiller dans vos vieux vinyls de Roy Ayers, David Axelrod, Gil Scott-Heron et autres jazzmen ultra pillés, finiront la cure de jouvence entamée de façon magistrale par l’une des icônes de la grosse pomme

À l’image du « Dillagence » de Mick Boogie, on a du mal à imaginer ces perles dormant au fond d’un tiroir. Encore une fois, nous ne sommes pas dans l’exploitation de filon, même si celui-ci se révèle particulièrement fructueux. Qu’ajouter de plus sinon que l’impasse sur ce disque serait impardonnable, tant il est une page en plus dans un livre d’histoire dont le sens est désormais chamboulé.

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