Glorytellers – « s/t 100 »

s/t[Album]
18/02/2008
(Southern/Differ Ant)

Rapide retour en arrière. Durant l’été 2005, Geoff Farina annonce que Karaté met la clé sous la porte, après douze ans d’une belle carrière ou le jazz percutait le post rock. La raison? En surface, ses problèmes d’oreille qui ne lui permettaient plus de jouer une musique saturée; en vérité, le sentiment, partagé par ses musiciens, d’avoir fait le tour de la question et qu’il était temps de passer à autre chose. Glorytellers, ce troisième chapitre de sa vie après The Secret Stars et Karaté, entrecoupé de quelques interludes solo, se sera donc offert plus de deux ans de gestation, alors qu’on finissait franchement par se demander si l’homme de Boston, toujours aussi réfractaire aux tournées, n’allait pas se cantonner à l’exercice de la composition maison auquel seul son entourage aurait droit désormais

On n’est pas passé loin, car Glorytellers ne serait rien sans Geoff Farina, contrairement à l’inverse. Et ce ne sont pas les quelques contributions extérieures qui auraient pu changer la donne. Du coup, le bonhomme devra endosser à lui seul tout le succès, ou le bide, de cet album, bien que son plus fidèle public ne puisse croire en la deuxième option. Car Glorytellers ne surprendra pas ceux n’ayant rien manqué de ses deux précédents groupes. La patte y est, l’approche musicale aussi, seul le son de ce disque vient faire la différence. Comme il l’avait annoncé, le fil rouge de ce nouveau projet est clairement acoustique, comme pour refléter l’amour incommensurable que porte l’auteur à la musique américaine, au blues et au jazz en particulier

« Camouflage », qui ouvre cet opus, en est la parfaite illustration, mené par un arpège soutenu par une deuxième guitare, le tout tapissé de quelques balais caressant les peaux. Le reste, et à quelques exceptions près (l’italien « Trovato Suono » également touché par sa grâce guitaristique) ne sera qu’une déclinaison classieuse de cette recette sur laquelle Geoff Farina dévoile de sa douce voix quelques lignes de chant rassurantes (« Exclusive Hurricane », « Tears Of… »), aux mélodies alambiquées et abstraites en apparence, mais qui deviennent finalement évidentes au fur et à mesure qu’elles avancent (« Awake At The Wheel », « Pry », « Blood On The Shine »). Un pan de sa personnalité finalement sans surprise puisqu’il en a toujours été ainsi. Bien sûr, et comme à son habitude, il n’a pu s’empêcher de compliquer parfois la donne, comme pour offrir un peu plus de diversité à un album pourtant cantonné à une orchestration réduite (les très jazz « Anonymous », et « Quarantine » ou sa tendance à l’improvisation réapparaît)

Conforme à son souhait, Glorytellers s’avère être finalement son projet le plus accessible, et ne diffère de Karaté que par sa moindre intensité. Pas de crainte donc de devoir se réadapter à un nouvel environnement, chose souvent difficile quand on connaît le talent et les aspirations de Geoff Farina. Ne reste plus qu’à déguster cette enfilade de ballades délicates, sublimées par une expérience musicale désormais indéboulonnable, et une implacable culture de la musique américaine du 20ème siècle. A ce titre, Glorytellers est aussi surprenant que prévisible, mais définitivement enivrant

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