Ghostpoet – « Some Say I So I Say Light »

Album
(Pias)
06/05/2013
Hip hop

Peu formatée, la musique de Ghostpoet s’est pourtant retrouvée au rang des nominées au titre de Mercury Prize 2011. Malheureusement pour lui, c’est PJ Harvey  qui l’a remporté, ce qui n’enlève rien au côté inattendu du buzz qui a accompagné ce premier album, un disque produit dans une chambre d’étudiant avec un minimum de matos. Il a suffi d’une oreille bien tendue de Gilles Peterson pour enclencher la machine et donner une chance au jeune Obaro Ejimiwe de définitivement sortir du lot avec son style indubitablement singulier, mêlant intelligemment dubstep et spoken-word.

Même s’il a humblement fait face à ce succès inattendu, Ghostpoet avait toutes les armes en main, comme le support nécessaire, pour  produire un disque grand public et se laisser aspirer par la hype. Mais ici, pas l’ombre d’un single radio, sauf peut-être « Plastic Bag Brain » et son riff de guitare accrocheur qui n’a néanmoins rien d’un bol de soupe à l’anglaise. Il a donc préféré expérimenter et rester fidèle à son cheminement de pensée sur un second opus légèrement plus extraverti, à la production plus clairvoyante, même si le britannique dégage toujours des fumerolles bien grises au seul son de sa voix sombre et nonchalante (« MSI Musmid »).

Cependant, à force de trop déployer son style vocal, Ghostpoet a tendance à exagérer et donc se montrer indigeste ou décalé sur des morceaux longs et répétitifs comme « Thymethymethyme » ou « Them Waters ». Heureusement, l’artiste a une parade pour ne pas lasser sur la longueur: il s’entoure ici d’invités qui viennent contrebalancer son flow hypnotique, à l’image de Woodpecker Williams sur le joli « Meltdown »,  ou Lucy Rose qui apporte un peu de douceur à un « Dial Tones » avançant au rythme des battements d’un cœur endormi. Ponctué de tracks légèrement plus rythmés mais bien loin des dancefloors (le très bon « Cold Win »), ce second disque reste surprenant, fidèle à cette étrange personnalité découverte sur « Peanut Butter Blues & Melancholy Jam« , et ne prend jamais le risque de s’égarer vers un son qui n’est pas le sien. Il enchaîne ainsi les balades nocturnes  que sont le fantomatique « 12 Deaf », l’enfantin « Dorsal Morsel » ou un « Comatose » clôturant l’album noyé dans les cordes. Pour la première fois peut être, le hip hop s’écoute avant d’aller dormir.

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