Geste – ‘Marathon’

Album / Fin de Siècle / 29.10.2013
Math rock

Depuis 2009 et la sortie du maxi révélateur ‘Jaw Breaker’, Geste cherche à donner un sens à son hybride IDM et math-rock. D’abord seul à s’énerver derrière son laptop pour y explorer toutes les possibilités, FC Domergue s’est depuis entouré d’un guitariste et d’un batteur tout en conservant ses deux entités, électrique et électronique, cette dernière étant surtout réservée aux remixes destinés à des artistes tels que Mondkopf, A Band of Buriers ou Turnsteak. Jusqu’ici, la carrière de Geste ressemblait à quelques bégaiements timides mais significatifs, marqués non seulement par cette évolution en trio, mais aussi par de nombreuses prestations scéniques, deux petits maxis, et une signature sur un nouveau label. En effet, si la maison berlinoise Equinox l’accueille toujours en solo, les trois jouent aujourd’hui à domicile sur la petite structure parisienne Fin de Siècle qui les lance aujourd’hui pour de vrai, avec ce premier long format compilant leurs derniers travaux soigneusement sélectionnés.

‘Marathon’ est ainsi divisé en cinq épopées épiques avec chacune leurs propres péripéties et rebondissements, qui s’apparentent – à petite échelle – à la discrète montée en puissance de ces musiciens semblant enfin décidés à étaler sur disque ce qu’ils ont dans le ventre. Et sur ce coup-là, Geste ne s’est pas planté. Il a fait judicieusement fonctionner le neurone du feeling sans se précipiter, en attendant que son math-rock généreux soit assez mûr, et prêt à être avalé sans indigestion. On aurait aimé y entendre plus de titres, voire un rappel du maxi ‘Howard B.’ sorti en 2011, mais on se console en se disant qu’il ne s’agit là que d’un départ maîtrisé par trois perfectionnistes, des gars qui préfèrent néanmoins privilégier la puissance, les textures et les mélodies au détriment de la branlette technique souvent propre au genre. Il est facile de penser à Mogwaï sur la belle et longue aventure qu’est ‘Hawkins’, ou à Three Trapped Tigers sur le massif et azimuté ‘Citizen Ken’. Mais des épisodes comme ‘Write Or Die’ ou ‘Flavor’ prouvent bien que Geste a définitivement dans le sang ce que chaque mélomane recherche dans un groupe: une singularité pompée sur personne, doublée d’une volonté de sortir la tête de l’eau. Court mais jouissif!

‘Write or Die’, ‘Citizen Ken’, ‘Flavor’

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