General Elektriks – « Parker Street »

general180Album
(Discograph)
10/10/2011
Pop funk

Mettez vous un peu à la place de General Elektriks… En l’espace d’un seul titre, le hit « Raid The Radio », le grand public lui est tombé dessus comme un piano  dans un dessin animé de Tex Avery. Avouez alors qu’il est difficile de garder son sang froid quand on a une telle capacité à attiser les masses avec des sifflets. Parce que, fort de son talent et de son capital sympathie, RV Salters aurait fait un carton en sortant une compilation de clones de « Raid The Radio », ou de déclinaisons de « Helicopter », toutes taillées pour n’importe quelle chaine musicale de votre Freebox, ou pour un autoradio réglé en mode random.

Plutôt que cela, en tant que musicien humble, modeste, simple et surdoué, General Elektriks garde la tête solidement vissée sur les épaules en préférant nous attirer un peu plus profondément dans son journal intime. Au milieu de cette bonne ville pour rêveurs (« Good City For Dreamers« , titre du disque prédécesseur), on penche un peu la tête jusqu’à apercevoir cette rue, « Parker Street », et ses trottoirs où a été enregistré cette troisième grande ligne discographique. Comme si on regardait une émission de télé-réalité, on y observe le musicien s’amuser chez lui, avec ses instruments, seulement accompagné du batteur Michael Urbano plutôt que de tout faire, comme avant, avec ses deux mains en studio.

Si l’on trouve forcément moins de tubes au sein de ce nouveau jet, il devient de notoriété publique que notre protagoniste a encore de quoi nous faire groover pour des siècles et des siècles. Amen. Contrairement à l’album-révélation précédent qui fleurait bon le succès après une seule écoute, plusieurs sont nécessaires ici pour s’immiscer à fond dans cet univers plus pop, où les textures vintage et les ambiances funk saucissonées deviennent presque familières. Pour ceux qui découvrent ou qui n’ont pas fait l’effort de se renseigner sur le personnage, il est utile de rappeler que RV est né avec un Clavinet dans les mains, et qu’il l’a généreusement utilisé au service de titans comme -M-, Blackalicious, Lyrics Born ou Femi Kuti. Le bonhomme a donc du talent à revendre, celui dont il se sert pour envoyer les notes grassouillettes de l’introduction « The Spark », où on le trouve plus que jamais à l’aise derrière son micro, dialoguant avec les cuivres dans un track définitivement taillé pour le live. Car du studio à la scène, inutile de prendre le bus, on y est illico grâce au microfunk truffé de détails de « Show Me Your Hands » ou le rythme galopant du loufoque « Holding Down The Fort ». Tout aussi ludique, le logique premier single (« Summer is Here ») est une véritable friandise tubesque qui plaira au moins aux enfants.

Ce qui n’exclue en rien les grands, notamment ceux qui se sont déjà régalés devant cette bande de joyeux saltimbanques capables, en live, de remuer Christopher Reeves. Qu’ils se rassurent donc, ils ne changeront pas leur fusil d’épaule sur cet album ou l’on découvre un General Elektriks plus que jamais chanteur, qui a pris le temps de travailler sa voix jusqu’à devenir le crooner de ces dames sur « She Wore A Paper Dress » au sex-appeal évident, sur « I’m Ready » aux cordes pleureuses, ou sur « The Genius And The Gangster », promenade jazzy  qui nous plante au beau milieu d’un décor de cinéma. Tout cela pour arriver à la conclusion que, quoiqu’il fasse, ce génie des touches noires et blanches trouvera toujours le moyen de donner envie de retourner le voir en live avec les mêmes palpitations…

Disponible sur
itunes5

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