Gatechien – « Trois »

Trois[Album]
15/04/2006
(Keben / Milkpack/Overcome)

Ah quoi bon se faire chier à être je ne sais pas combien, louer un camion, être obligé de prendre plusieurs piaules d’hôtel, et payer sa note au bar quand on est deux énergumènes comme ceux de Gatechien, et que l’on joue et boit comme quatre? Eux ce ne sont pas posés la question très longtemps. Une bagnole, un chauffeur, un co-pilote, la basse et la batterie dans le coffre, et on va jusqu’à plus soif faire sonner cette noise dans les moindres recoins de France et de Navarre, en s’arrêtant trois fois en studio, sans compter les pauses chiottes sur l’autoroute A10. Après « Deux », précédent mini album déjà très convaincant, Gatechien sort ces jours-ci sont nouvel opus sobrement intitulé « Trois », histoire de ne pas s’encombrer de fioritures. Chose que l’on retrouve dans sa musique. Ça tape fort et carré, en fumant une clope voire en se grattant les couilles, la rythmique est aussi solide que les lignes de basse sont riches (« G », « H », « I ») et jouées avec une dextérité toujours aussi déconcertante. D’ailleurs, les deux, qui rappellent toujours autant Shellac que Fugazi (« T »), n’auraient-ils pas mis de plus petits plats dans les grands en terme de production? « Trois » sonne plus travaillé, mieux produit, plus réfléchi, quitte parfois à perdre légèrement en efficacité et en spontanéité. Le chant semble lui aussi avoir été revu. Gatechien crie un poil moins, met en avant une dualité vocale plus affirmée (« A », « C »), même si les TOC reviennent encore avec parcimonie au profit d’accalmies surprenantes et appréciables (« N »). G.A.T.E.C.H.I.E.N, huit lettres, neuf morceaux, et « Trois », sorte de « Deux » amélioré, qui font deux acolytes doucement en train de donner un nouveau visage à la noise française

En écoute

1. I     

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