Future Of The Left – ‘How To Stop Your Brain In An Accident’

Album / Pledge Music / 21.10.2013
Post hardcore noise

The music industry is lying to you‘… C’est ainsi que démarre ‘Singing Of The Bonesaws’, un des titres de ce nouvel album de Future Of The Left marquant indiscutablement un tournant dans la carrière du groupe. En effet, désormais fermement indépendants, Falkous et sa bande ont viré pas mal d’intermédiaires du circuit habituel pour ne faire appel qu’au public afin que ce ‘How To Stop Your Brain In An Accident’ puisse voir le jour. Preuve d’une vénération indéfectible acquise depuis McLusky, mais aussi grâce la qualité des premiers opus, l’affaire fut bouclée en moins de cinq heures par des fans à la confiance aveugle, désireux pour beaucoup de soutenir la démarche, pour quelques uns d’entendre Future Of The Left ne plus avoir de compte à rendre et s’offrir une totale liberté. De quoi se sentir sérieusement pousser des ailes, au risque de parfois égratigner la cohérence.

Désormais débarrassé des synthés qui faisaient débat à la sortie de ‘The Plot Against The Common Sense‘, mais affublé d’un second guitariste providentiel (‘I Don’t Know What You Ketamine’), le groupe souffle donc ce vent nouveau à la face de tous ceux qui viennent y tendre l’oreille. Plus sombre, plus incisif, surtout plus varié que jamais, et malgré quelques titres inattendus tant ils sont retenus (‘French Lessons’, ‘Something Happened’, le final réussi ‘Why Aren’t I Going To Hell’ aux airs country blues), c’est au papier de verre que Future Of The Left vient ôter les derniers bouchons de cérumen récalcitrants. Sauf qu’il y va cette fois sans prendre la moindre précaution, à main nue et sans désinfection préalable, comme si l’affaire devait se régler là, maintenant, derrière le comptoir d’un pub gallois par un sadique professeur Falkous, plus réputé pour son franc parler que pour sa délicatesse.

C’est la bave aux lèvres, en serrant les dents aussi fort qu’un chien sur son os que le bonhomme vous susurre quelques extraits de sa littérature (‘Her cock is so hard‘, ‘They say the price of love is a black hole‘ n’en sont que deux exemples…), et vide son sac à l’occasion. L’industrie musicale en prend forcément pour son grade (‘How To Spot a Record Company’), tout comme les effets de la société de consommation sur la famille sont pointés du doigt (‘The Real Meaning Of Christmas’): quelques uns des coups de gueule trouvant ici un écho parfait dans ces accords de guitare grinçants, ces grondements de basse, cette rythmique à la précision chirurgicale, et ces quelques refrains efficaces (‘Johnny Borrell Afterlife’, ‘The Male Gaze’) faisant ce post-hardcore-noise désormais marque de fabrique, et plus que jamais inspiré. A tous niveaux.

‘Johnny Borrell Afterlife’, ‘How To Spot a Record Company’, ‘Donny Of The Decks’, ‘The Real Meaning Of Christmas’

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