Fumuj – « The Robot And The Chinese Shrimp »

The Robot And The Chinese Shrimp[Album]
24/03/2008
(Jarring Effects/Discograph)

Il y a trois ans, « Monstrueuse Normalité » laissait déjà entrevoir un savoir faire et une personnalité musicale compatibles avec les attentes d’un public dub qui tournait déjà un peu en rond. La partie n’était pourtant pas gagnée pour les tourangeaux qui, pour se faire véritablement leur place, devaient encore creuser le sillon qu’ils commençaient seulement à dessiner. Trois ans de gestation, et revoilà donc Fumuj sous l’étiquette Jarring Effects, comme un signe avant-coureur d’une évolution allant clairement dans le bon sens, même si le label aura certainement du mal à se faire qualitativement constant à un tel rythme. « The Robot And The Chinese Shrimp » déboule donc avec tous ces éléments de réponse, vient sans conteste coller à cette nouvelle orientation electro hip hop que s’est adjugée la structure activiste lyonnaise, et ses géniteurs y présentent fièrement leurs dernières mutations

En effet, de trio, le combo est devenu quintet en accueillant un claviériste et un Mc anglophone, pour appuyer les nouvelles accointances hip hop dévoilées sur ce disque. Un premier changement qui ne manque pas de faire son effet quand l’engagé « Killers », ou « We Live In », « Fuck » et « Tic Toc Tic Toc », piochent dans les sons cradingues d’Ez3kiel ou de Reverse Engineering, et un flow assez éloigné de celui de ces Mcs français s’abandonnant d’habitude maladroitement à la langue de Shakespeare pour faire d’un effet de nouveauté un vrai pétard mouillé. Sans être d’une originalité implacable, « The Robot And The Chinese Shrimp » partait donc sur les chapeaux de roue. Jusqu’à ce que ne sonne le premier faux-pas de ce disque, arrivé comme un cheveux sur la soupe, à l’allure de « Play My Fucking Shit » et de ses rythmiques de guitare funkies renvoyant trop radicalement à une scène alternative un brin has been pour ne pas faire retomber le soufflet. Plus posé, mais du même acabit, « Full Of Entertainment » nous renvoie même à l’école Dirty District..

Plus réussis sans pourtant faire de Fumuj une vraie révélation, les instrumentaux « 17 Or 18 I Guess », « Cell », « Killshot » et « Hangdog Expression » puisent seulement dans les bonnes influences d’un catalogue qui a déjà visité pas mal des moindres recoins du terrain, sans malheureusement l’élargir. Ce qui ne va pas pourtant sans élever le potentiel du combo, encore plus évident qu’à la sortie de son premier album, et dont le rapprochement avec Jarring Effects apparaît finalement d’une logique à toute épreuve. Mais la route, aussi sinueuse soit elle, est loin d’être achevée pour Fumuj qui, avec ce nouvel opus, rejoint le gratin de la nébuleuse dub mais ne parvient pas à s’en défaire. À suivre donc..

Ecoutez un extrait ici.

Achetez sur :

  • Achat sur Fnac
  • Achat sur Amazon
À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire