Francois Virot – ‘Marginal Spots’

Francois Virot – ‘Marginal Spots’

Album / Born Bad / 09.12.2016
Indie

En dépit de tous les projets qu’il monte ou auxquels il contribue (pêle-mêle Reveille, Clara Clara, Sathönay…), une constante se dégage bien dans le parcours de François Virot : celle de s’en foutre. Pas de la musique évidemment, mais plutôt des scènes, des tendances, ou de toute idée de carrière. Le Lyonnais donne l’air de sortir du bois à chaque nouvelle apparition et de nous envoyer toujours avec le même sourire ses compositions à la candeur et l’ingéniosité affolantes.

C’est qu’en presque une décennie, François Virot en a fait pleuvoir des disques sur la ténue scène indie-pop/rock française. Et pour être franc, on fait toujours une petite fixette sur son premier véritable album solo, ‘Yes Or No’, sorti en 2008. Le genre tombé de nulle part, dont on n’attend pas grand-chose, et qui pourtant vous opère à vif sans anesthésie. Quasi-seul avec sa guitare folk, François Virot y déroulait ses pop-songs sculptées à l’os avec un résultat inversement proportionnel à sa production minimaliste. La tête, l’estomac, le cœur et d’autres organes encore s’en trouvaient retournés sans marche arrière possible.

Huit ans plus tard, voilà sa suite. Enfin pas vraiment. Dès l’introductif ‘Medicine’, avec sa turbulente batterie de poche, sa basse et sa guitare pépère, on sait qu’il ne faudra pas s’attendre à voir le garçon reprendre les choses exactement là où il les avait laissées. D’ailleurs, seule la voix conserve sa hauteur maligne pour dispenser ses vérités ambiguës (‘You’re life looks great but it’s not as it seems‘). Pour le reste, les compositions bien accrochées à leur assise rythmique donnent en permanence l’impression de frôler la sortie de route, impression seulement feinte par la liberté qu’elles s’octroient sous leur format condensé. La preuve par exemple avec ce drôle de bricolage reggae sur ‘Tour de Force’, ou la curieuse marque de sensualité dans le solo de ‘Hostile’ – un collègue averti nous avait prévenus : ‘Ça ressemble à du Bonnie Prince Billy qui aurait regardé plein de films pornos des années 70‘.

Attaché à sa production sèche, ‘Marginal Spots’ s’achève au bout de 27 minutes seulement par ‘Plays Pretty’ et sa petite fête goguenarde. Du rock slacker sans prétention dirons certains, mais en même temps bien plus vibrant que 95% (à vue de nez) des productions actuelles du genre balancées de l’autre côté de l’Atlantique. Alors on va se passer et repasser ‘Marginal Spots’, parce qu’il y a définitivement un truc à piger dessus. L’histoire d’un type qui, sans y toucher, façonne une discographie tout à la fois belle, cohérente, bancale et simplement humaine dans ses imperfections assumées.

‘Medicine’, ‘Doing It Now’, ‘Plays Pretty’


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