Francesco Tristano – « Idiosynkrasia »

tristan180Album
(InFine)
15/11/2010

En pleine formation classique à la Juilliard School de New-York, Francesco Tristano découvre les musiques électroniques. Dès ce moment, il s’auto-attribue une mission: celle de joindre ces deux bouts musicaux sans jamais que l’élastique ne soit trop tendu. Il fait donc le pont entre deux techniques, deux époques et deux mentalités différentes, à travers la recherche du dialogue parfait entre électronique et acoustique, en l’occurrence le piano qu’il considère – contrairement à la pensée collective – comme un instrument du futur.

Après « Not For Piano », le difficile « Auricle Bio On » et l’excellent premier album du trio Aufgang, le jeune compositeur utilise donc de nouveau la liberté offerte par la solitude pour expérimenter sur de nouvelles pièces classico-électroniques. Comme pour mieux s’imbiber de l’esprit techno au sens pur, il enregistre « Idiosynkrasia » dans les studios de Planet-E à Detroit, déménageant son piano au milieu d’un studio bourré de machines. Pour faciliter l’accueil de ce gros instrument auprès de ses nouvelles camarades, c’est son collaborateur Carl Craig qui enfile la casquette de producteur exécutif…

« Mambo » est une introduction pour le moins inquiétante. Le piano bougonne et quelques claps inopportuns viennent casser le côté purement classique de sa musique. Même si quelques morceaux restent trop minimaux et relativement plats (« Fragrance de Fraga » qui tarde à s’envoler), l’échange s’établit sur « Nach Wasser Noch Erde », balade presque silencieuse. La mélodie s’enrichit doucement mais sûrement pour mieux passer le relai à l’entêtant « Wilson » qui déroule des influences clairement UR. « Idiosynkrasia » est définitivement un album pour gens patients, et le track éponyme est le premier réellement « dancefloor », déballant un groove à portée de main beaucoup plus proche d’Aufgang que de la majorité de ses productions solos.

Francesco met aussi ses touches noires et blanches à contribution de l’ambient le plus strict (« Lastdays »), se croit dans un piano-bar en bordure de voie lactée (« Eastern Market »), et rappelle même les heures tordues du label Tresor avec « Single And Doppio ». Avec la version vaporeuse Inner Space Dub de « Hello », le compositeur conclut un disque psychologique et minimaliste, nous coinçant les tempes entre les deux protagonistes de la conversation piano/machines…

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