Foo Fighters – ‘Concrete & Gold’

Foo Fighters – ‘Concrete & Gold’

Album / RCA / 15.09.2017
Rock


En annonçant une pause à durée indéterminée de ses Foo Fighters quelques jours après les attentats parisiens et la tournée qu’il a en grande partie passé plâtré et perché sur son trône, Dave Grohl a bien failli nous faire le coup fumeux de la longue absence suivie d’une reformation ultra médiatisée. La décence et l’envie débordante de retrouver ses comparses ont manifestement été plus fortes que le mauvais goût marketing, et c’est tant mieux. En effet, quelques mois seulement après cette mise en veille à but régénérateur (un laps de temps somme toute banal pour n’importe quelle formation), le groupe est retourné en studio en vue de la sortie de ‘Concrete & Gold’, un neuvième album pleinement marqué du sceau Foo bien qu’il tente d’élargir son spectre.

Revenus à un mode de composition et d’enregistrement plus simple que pour l’album précédent qui les avait vus enchainer les studios mythiques des Etats Unis jusqu’à en sortir une série tv pour HBO, les Foo Fighters exploitent de nouveau ici ce savoir faire qui les fait multiplier les hymnes de stade avec un naturel et une facilité déconcertante, qu’ils se lancent dans d’intenses ballades électriques (l’entame ’T-Shirt’, ‘The Sky Is a Neighborhood’, ’Dirty Water’) ou qu’ils retrouvent la vigueur de leurs débuts, quand rage et riffs aiguisés les imposaient déjà parmi les groupes majeurs (‘Run’, ‘Arrows’, ’The Line’).

Rien de bien nouveau à l’Ouest donc, ‘Concrete & Gold’ ayant – comme n’importe quel disque des Foo Fighters – cette part de prévisibilité à la fois routinière et rassurante pour le fan de la première heure. Pourtant, à plusieurs reprises ici, et au delà d’un travail de choeurs qui saute aux oreilles, Dave Grohl et ses sbires font bien quelques tentatives pour rendre ce neuvième opus quelque peu singulier au sein de leur discographie. Mais en choisissant de collaborer avec le producteur Greg Kurstin (Lily Allen, Sia, Adele), tout comme ses potes de Queens Of The Stone Age l’ont récemment fait avec Mark Ronson, il semble que le groupe avance en terrain mouvant dès qu’il s’agit de s’éloigner de ses bases.

En attestent quelques sorties de piste comme le fade ‘Make It Right’ (featuring Justin Timberlake) dont l’approche funk file des grumeaux au heavy rock, ‘La Dee Da’ nettement plus convaincant sur son refrain que sur ses couplets aux échos sudistes, ou l’acoustique et seulement gentillet ‘Happy Ever After’. Puis c’est le crash, le plongeon dans le ravin quand Taylor Hawkins confie sa batterie à Paul McCartney pour assurer le chant d’un ‘Sunday Rain’ que l’on tentera très vite d’oublier, et qui rappelle peut être Foo Fighters aux défauts de la longévité. Car à trop se disperser sous prétexte d’innover, à trop ‘maquiller’ son inspiration, on finit par y briser son âme et oublier l’essentiel : l’imparabilité de morceaux qui vont droit au but, portés par des mélodies qui font mouche. Ceux que l’on croise trop rarement au sein de ‘Concrete & Gold’.

VIDEO
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
‘T-Shirt’, ‘Run’, ‘The Sky Is a Neighborhood’, ‘The Line’


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