Fog – « Ditherer »

Ditherer[Album]
20/08/2007
(Lex/Differ Ant)

C’était déjà confirmé par « 10th Avenue Freakout« : Fog est en perpétuel renouvellement. Andrew Broder, celui qu’on a connu seulement accompagné d’une guitare et d’une platine qu’il mélangeait pour aboutir à une musique très personnelle, est désormais entouré de musiciens et avance, en groupe, vers une pop pointue et intéressante. À la sortie du maxi « Loss Leader » et suite à quelques apparitions scéniques, on sentait que ce frêle guitariste/chanteur était capable de beaucoup de belles choses à venir. Avec « Ditherer », son nouvel et quatrième opus, le trio Fog passe un nouveau cap, celui d’un groupe qui, non content d’avoir trouvé sa voie, la laisse également entendre.

Un bémol dont souffrait, avec le recul, ses précédents disques. Cette maturité, Fog la trouve aujourd’hui dans ses nouvelles sonorités qui ne viennent en rien compromettre et remettre en question tout le parcours musical de son frontman. Aujourd’hui, de confortables studios d’enregistrement ont remplacé les sessions home studio avec un quatre pistes, les instruments se marient à quelques touches électroniques discrètes (« Ditherer »), et quelques invités de prestige (Why?, Phil Elverum de Mount Eerie, Andrew Bird, Dosh, Pedestrian… aux participations plus ou moins décelables à l’oreille) viennent participer à la fête. Comme pour souligner l’intronisation de Fog parmi les nouvelles révélations et donner un incontestable crédit au talent du trio, qu’il s’agisse de musique ou de textes

Car Broder ne pouvait donner n’importe quel décor à ses lyrics finement couchées sur papier, surréalistes (« Your Beef Is Mine ») sur le fond comme sur la forme. « Ditherer » n’échappera donc pas à quelques comparaisons de poids, presque gênantes tant elles sont de compliments. Comets On Fire, Modest Mouse, et même Radiohead seront à coups sûrs les quelques noms qui vous viendront à l’esprit durant ces onze titres totalement imprévisibles, à la fois accessibles (« What Gives? » et « On The Gallows » sur lesquels plane l’âme d’un Thom Yorke) et plein de rebondissements inattendus (« Your Beef Is Mine », « We Will Have Vanished »)

Il faudra alors vous attendre à un certain scepticisme lors des premières écoutes, celles-là qui, répétées, vous autoriseront seulement plus tard à entrer dans cet univers particulier (est-il utile de rappeler que Fog signifie « brouillard »?). C’est seulement là que vous serez touchés par la grande inspiration de « Hallelujah Daddy » passant du rock au gospel, la beauté ultime de « What’Up Freaks? », « Your Beef Is Mine », et de « You Did What You Thought », de l’excellence du chant sur « I Have Been Wronged », tous dignes du plus passionnant indie rock

Que certains appellent cela de l’avant pop s’ils veulent. Ils n’ont peut-être pas tort, car Fog prend là une avance considérable qui pourrait bien priver son meilleur album à ce jour d’une reconnaissance bien méritée. Comme tous ces disques dont l’histoire est ponctuée et qu’on découvre, à regret, souvent trop tard..

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