Foals – « Antidotes »

Antidotes[Album]
24/03/2008
(U10/Wea)

Un an déjà que le buzz ne cesse de s’amplifier autour de Foals, cette nouvelle sensation dance punk anglaise reprenant le flambeau récemment lâché par les Klaxons. Pour cela, le combo d’Oxford n’aura eu besoin que de deux singles, « Mathletics » et surtout « Hummer », qu’on ne retrouve pourtant pas au tracklisting de « Antidotes », un premier album logiquement attendu. De quoi en perturber quelques-uns, sûrs alors de pouvoir au moins se raccrocher à ces deux titres qui auraient cependant difficilement trouvé leur place ici. Et pour cause, un groupe évolue, même en un an. Et cette décision de rayer ses vieux titres, de froisser une frange du public déjà bien acquise, et ainsi de ne pas rejoindre la case des groupes de rock opportunistes, se révèle couillue et finalement valorisante pour Foals qui n’égratigne ainsi pas la cohérence de son disque

Pourtant, n’allez pas en conclure que les Anglais auront vu leur chemin dévier depuis les prémices de leur succès. À l’écoute de cette nouvelle salve de titres on ne peut plus directs, ils ont simplement évolué, rôdé cette assise technique héritée du post/indie/math rock, et ne surprendront finalement personne de leur plus fidèle public. Ainsi, si dans un premier temps, l’ouverture « The French Open » tente bien de brouiller les pistes, elle mène à nouveau Foals vers le registre qu’il maîtrise le mieux: un rock dansant, mélodique, et ultra-rythmé, au point qu’on y percevrait presque une touche d’afrobeat amplifiée par la contribution des cuivres d’Antibalas. Et cette impression ne manquera pas de se réitérer à plusieurs reprises, quand le groove des percussions et les notes clinquantes de guitare invitent à la transe (« Two Steps Twice », « Red Sock Pugie », « Olympic Airways »), ou accouchent de jolis tubes voués à devenir trans-générationnels (« Cassius », « Balloons »). Mais Foals va bien plus loin que simplement répéter une recette qui a fait ses preuves par le passé, et échappe ainsi de justesse au tant redouté premier disque prémédité. « Big Big Love (fig2) », mais surtout « Electric Bloom », aux mélodies affûtées et aux discrets arrangements electro, « Heavy Water » et son apothéose funkie, ou les breaks bien sentis de « Tron » ne manqueront pas de révéler tout le potentiel de ces Anglais à la fraîcheur dynamisante

Et cela, bien qu’on ait trop souvent l’impression de se voir servir le même plat, que le groupe se cantonne seulement à un registre bien balisé, et qu’un léger manque de canalisation des idées vienne apaiser l’excitation qui pouvait régner avant qu’on ne se plonge dans les profondeurs de « Antidotes ». Reste que ce premier album de Foals, un brin bordélique aussi, est un très bon remède à la morosité, à la mauvaise humeur. Un atout supplémentaire qui l’élèvera certainement au-dessus de ces groupes branchouillards disparaissant aussi vite qu’ils sont apparus. Confirmation à l’avenir..

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