Flowers Of Doom – « Planning Accidental Genius »

Planning Accidental Genius[Album]
01/08/2007
(Lovitt/Digital)

Certains labels américains se contentent seulement désormais de sorties digitales, notamment lorsqu’il est question de side projects, aussi bons soient-ils. C’est le cas de Lovitt qui propose ce premier album de Flowers Of Doom uniquement sur quelques plateformes de téléchargement légales. Cela n’enlève pourtant rien à la grande qualité de ce « Planning Accidental Genius » passant, pour le coup, quasiment inaperçu. Et cela, malgré que ce duo soit composé de Josiah Steinbrick (entendu chez Heavens aux côtés de Matt Skiba d’Alkaline Trio) et de Matthew Compton (batteur d’Engine Down, Heavens et Glös) qui depuis des années déjà, se montre comme un habile manieur de machines

Les informations autour de Flowers Of Doom se font rares, comme s’il n’était question ici que de laisser parler sa musique. Une démarche que l’on pourrait aisément comprendre tant « Planning Accidental Genius » est aussi réussi qu’original. En effet, vu le background de ces messieurs, on n’était à des kilomètres de s’attendre à une telle oeuvre, directement influencée par les bandes originales de films vintages français, italiens et anglais des années 60-70, conduite par le groove comme par les nappes sonores ambiantes, et tirée de quelques sessions d’improvisation dans leur home studio

Ce premier album prend donc des allures de bande originale d’un film imaginaire. En effet, « Planning Acidental Genius » est un disque d’esprit, une rencontre spirituelle entre deux musiciens habités d’un concept solide, celui de laisser parler leurs influences de toujours pour susciter la curiosité d’un public à l’imagination développée. Nous, on pense ici régulièrement à Serge Gainsbourg, aux débuts d’Axelrod, et même parfois au Air d’antan (« The Fall », « New Philosophy », « The Beginning And The End », « The Rise »), en nettement plus jouissif. En effet, de ces huit titres accomplis en un peu plus d’une demi-heure, aucun ne vient ternir ou écorcher la justesse du tout (à l’exception du long interlude « Hold Your Mind »)

Difficile donc de ne pas tomber dans l’énumération complète du tracklisting pour illustrer cette chronique. Car, à tout moment, « Planning Accidental Genius » se montre délicat, musicalement riche, varié, et cela qu’il décide de sonner rock, psyché, ou les deux. Rares sont ces disques qui, à l’écoute d’un seul de ses morceaux, vous poussent systématiquement à attendre impatiemment le titre suivant. C’est le cas ici, l’effet étant instantané dés l’excellent « Sects And Societies », ouvrant la voie au long « Wind From The West, Rain From The North », parfaitement rythmé et donc les riffs de guitare comme les synthétiseurs vous caressent l’oreille dans le sens du conduit, et au généreux et absolument frissonnant « Colours Can Cook »

Mais ne vous y trompez pas, les influences de ce premier album sont tellement bien digérées qu’il s’avère être autant un disque de rock instrumental superbe, qu’une bande originale de film assez réussie pour nous faire galoper jusqu’au cinéma le plus proche, le jean pattes d’eph remonté jusqu’aux genoux. Une sortie digitale au sort cruel tant elle mériterait de squatter bon nombre de piles de disques..

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