Fleet Foxes – ‘First Collection 2006-2009’

Fleet Foxes – ‘First Collection 2006-2009’

Album / Sub Pop / 09.11.2018
Folk baroque


Dix ans déjà qu’un ami me faisait découvrir, au retour d’un périple californien à valeur de voyage initiatique, le premier album des Fleet Foxes porté par un souffle épique rare. Des forêts boisées de Big Sur aux Blue Ridge Mountains, le groupe de Seattle parvenait à grands renforts d’harmonies vocales célestes et d’arrangements touffus à dresser une vision chatoyante et mythifiée des grands espaces américains. Depuis ce premier coup de maître, la bande de Robin Pecknold s’est faite rare et précieuse, ne sortant d’un hiatus de six ans que l’année dernière avec l’impénétrable Crack-up, formidable mosaïque qui les voyait arpenter des sentiers toujours plus tortueux avec une soif d’aventures renouvelée.

Dix ans de passés depuis ce premier succès considérable – que le groupe n’a pas cherché à égaler par la suite, préférant élargir davantage son horizon avec des compositions toujours plus exigeantes – c’était donc l’occasion pour lui de faire le bilan et de contempler le chemin parcouru en revisitant ses origines. Coffret luxueux regroupant le premier LP (Fleet Foxes) avec une pochette (très légèrement) remaniée, les deux premiers EP (Sun Giant et The Fleet Foxes) ainsi qu’une poignée de faces B et de démos, First Collection : 2006-2009 nous retrace l’évolution des Fleet Foxes des premières maquettes jusqu’à l’album de la consécration internationale. L’exercice invite toutefois à se demander légitimement si la démarche relève ici de la pure stratégie commerciale visant à profiter des fêtes de fin d’année en proposant à une fanbase dévouée un objet onéreux doté d’un emballage séduisant mais à la plus-value musicale limitée.

Pas sûr que les doutes puissent être totalement dissipés à l’examen du contenu du coffret. Car si le premier album et sa prémisse, l’EP Sun Giant (reprenant le fameux tube Mykonos), étaient largement connus et ont entre temps acquis un statut culte amplement justifié, le reste du coffret et les quelques titres réellement inédits qui devraient en constituer le principal intérêt se révèlent quant à eux nettement plus dispensables.

Le premier EP éponyme sorti en 2006 (pas totalement inconnu des fans les plus acharnés) est en effet loin d’approcher la richesse des œuvres ultérieures du groupe qui n’avait visiblement pas encore trouvé son identité. Composé essentiellement de morceaux d’indie pop adolescente aux influences Beatles (She Got Dressed, décalcomanie du And Your Bird Can Sing des Fab Four) et Shadows (Anyone Who’s Anyone et son riff de guitare surf embarrassant) trop marquées, cet EP laisse difficilement entrevoir le futur du combo (à l’exception notable de Icicle Tusk, évoquant un brouillon de Meadowlarks). Qu’a-t-il bien pu se produire dans la vie de Robin Pecknold pour qu’il passe en moins de deux ans de Textbook Love à Tiger Mountain Peasant Song ? Le mystère reste entier. Quant au dernier disque du coffret, il reprend diverses faces B – essentiellement des reprises de chansons traditionnelles en mode guitare-voix par Robin Pecknold – ainsi que quelques maquettes qui ne présentent, il faut bien l’avouer, qu’un intérêt essentiellement historique.

First Collection : 2006-2009 n’est donc malheureusement pas l’équivalent des Lost Tapes de Can : il s’agit avant tout d’un objet destiné aux fans des Fleet Foxes atteints de collectionnite aigüe, et désireux d’explorer l’évolution créatrice du groupe, de ses débuts jusqu’à son premier album intemporel, pour peut-être mieux le redécouvrir.

TEASER
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Icicle Tusk, False Knight on The Road


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