Fire Engines – « Hungry Beat »

Hungry Beat[Album]
02/10/2007
(Acute/La Baleine)

Si le cycle des modes peut parfois agacer, il faut bien avouer qu’il a aussi ses bons côtés. Il permet par exemple fréquemment de déterrer quelques vieilleries vintage oubliées par les générations suivantes. Le revival post punk/funk blanc de ces dernières années aura donc remis en lumière l’apport de groupes essentiels de l’époque 1978/1983 comme Gang Of Four, Magazine (groupe de l’ex-Buzzcocks Howard Devoto) ou les Talking Heads des débuts

Le label new-yorkais Acute Records s’est même taillé une petite réputation grâce à ses choix judicieux de rééditions (Metal Urbain, Glenn Branca…). On s’en retourne cette fois en Ecosse en l’an de grâce 1980, pour assister à l’éclosion d’un groupe de jeunes wankers ayant décidé de faire un max de boucan sous le nom de Fire Engines. Si le quatuor ne fut actif que pendant dix-huit petits mois, il n’en reste pas moins une indubitable référence pour nombre de ses compatriotes (Jesus & Mary Chain, Primal Scream, The Vaselines, Franz Ferdinand…). Mais ces Ecossais avaient de leur côté les oreilles religieusement tournées vers la Grosse Pomme. Ces guitares dissonantes et cette batterie primaire ne laissent en effet que peu de doute sur l’immense héritage du Velvet Underground (et des disciples Modern Lovers, MC5, The Stooges…) sur la musique de Fire Engines. Ils ont dû aussi se sentir pas mal d’affinités avec le nihilisme funky des groupes no wave comme James Chance & The Contortions qui sévissaient au même moment dans le Lower East Side

Cette compilation de leurs premiers travaux réunit donc ces deux principales influences en quatorze titres (+ quatre versions alternatives) bruyamment groovy et joyeusement destroy. Les guitares foutraient les jetons aux fraises de votre dentiste, le chant est un blasphème à lui tout seul, et la rythmique fait un peu ce qu’elle veut dans son coin, pourtant ces morceaux sont tout simplement addictifs après quelques écoutes. Comment ne pas vouloir remuer du popotin en grattant une guitare imaginaire dès l’entame de brûlots que sont « Candyskin », « Get Up And Use Me » (repris récemment par Franz Ferdinand sur un split entre les deux formations), « Everything’s Roses », « Big Gold Dream » ou « Discord »? Et on a mis ces titres-là au pif parce que ça faisait un peu long de citer tout l’album, mais croyez bien qu’on regrette déjà de ne pas avoir mentionné « Hungry Beat » ou « Meat Whiplash »..

Bon, bien sûr, ceux qui se pâment devant la production proprette de Supertramp ou Dire Straits feraient mieux d’éviter de jouer ce « Hungry Beat » sur leur hi-fi s’ils ne veulent pas frôler la crise cardiaque. Le son de Fire Engines est en effet un peu à l’image de leur musique: un joyeux foutoir. Mais rarement un groupe aura su conjuguer mélodies pop, énergie punk et groove funk avec une telle réussite. A (re)découvrir d’urgence!

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