Filastine – « Burn It »

Burn It[Album]
01/10/2007
(Jarring Effects/Discograph)

La soif de découverte du staff de Jarring Effects ne se satisfait plus des simples talents hexagonaux. Après les Suisses de Reverse Engineering, le label assurera à l’automne la sortie française du prochain album de l’Anglais Mick Harris, plus connu des fans de dub expérimental sous le nom mythique de Scorn. Mais leur ouverture sur l’international ne s’arrête pas là puisque les Lyonnais s’associent aujourd’hui à Soot Records, le label fondé par Dj Rupture (auteur du célèbre mix « Gold Teeth Thief » qui a fait plusieurs fois le tour de la Toile), pour sortir l’album de Filastine

Citoyen du monde, originaire de Seattle, résidant aujourd’hui à Barcelone, associé au producteur brésilien Maga Bo pour former Sonar Calibrado (cf. la chronique de « Made In Brasil« ), Filastine n’est jamais plus à l’endroit où on le cherche. Cet altermondialiste convaincu n’a de cesse de faire le plus de boucan possible dès que les puissants de la planète se réunissent pour mieux protéger leurs intérêts communs

A l’opposé d’une world music aseptisée par le business occidental, Filastine s’inspire de la sono mondiale, comme ont pu le faire certains artistes sur Wordsound (Badawi, Qaballah Steppers…) ou encore Transglobal Underground, pour donner naissance à un son suburbain et métissé, à la croisée du dubstep, de la batucada et du hip hop

Sur le papier, ce maître percussionniste a donc tout pour obtenir notre adhésion inconditionnelle: une éthique, un éclectisme et un engagement indiscutables. Pourtant, on doit bien avouer que son « Burn It » a un peu de mal à faire sa place sur notre platine. Sans doute à cause de son caractère décousu qui peut facilement perdre l’auditeur… On passe un peu du coq à l’âne sans prévenir, parfois au milieu même des morceaux. Soyons positifs, l’avantage, c’est qu’il est difficile de ne rien trouver à son goût. Les fans de Fun-Da-Mental pourraient ainsi onduler du bassin en levant le majeur sur « Splinter Faction Delight », « Judas Goat » ou « Crescent Occupation ». Les amateurs des Tambours Du Bronx sueront sur la batucada industrielle de « Dance Of The Garbageman ». Les fondus de hip hop hispanophone façon Psycho Realm ou Control Machete (cf. la BO de « Amours Chiennes ») devraient jeter une oreille sur « The Last Redoubt » ou « Quémalo Ya ». Ceux qui ont aimé l’illbient oriental de Fedayi Pacha zapperont jusqu’à « Autology », « Ja Helo » ou « Dreams From Wounded Mouth ». Mais beaucoup risquent quand même d’écouter ce disque en diagonale..

Ces onze titres (+ cinq interludes) ne sont pourtant pas nécessairement mauvais (seul « Palmarès » et son chant en français ne passent décidemment pas de mon côté), mais il manque à l’album une poignée de tubes qui nous donneraient envie d’y revenir plus souvent. La preuve, c’est que notre oreille se lève dès l’intro de « Boca De Ouro », très bon track hip hop dont le formatage tout relatif n’enlève rien à l’originalité. Dommage qu’il soit si seul..

Si ces prestations scéniques sont probablement impressionnantes de furie, Filastine est pour l’instant un artiste qu’on respecte davantage que l’on ne l’écoute… Pour l’instant

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