Fenster – ‘The Pink Caves’

Album / Morr / 07.03.2014
Surrealist bedroom pop

Si ‘Bones’ n’a pas spécialement rencontré les foules à sa sortie, ce premier album dessinait déjà l’audace d’un projet préparé en toute humilité, sans guère de moyens ni de publicité. Réalisé avant même le premier concert du trio, il dissimulait mal son goût pour le bricolage et l’improvisation, si chers au Velvet Underground. Deux ans plus tard, ‘The Pink Caves’ reprend là où son prédécesseur nous avait laissé. Peu de choses ont changé ou presque, un musicien supplémentaire (en fait, leur producteur désormais membre à part entière) et le même talent pour tisser des mélodies imparables. Est-ce l’accumulation des concerts, l’intégration définitive de Tadklimp et de ses idées, ou simplement un temps un peu plus conséquent accordé à l’enregistrement, quoiqu’il en soit Fenster a suffisamment pris du corps pour faire de ce deuxième opus un petit bijou de production.

On ignore de combien de jouets regorge son chalet est-allemand réquisitionné comme studio, mais Fenster n’a guère d’équivalent pour utiliser son environnement à bon escient (portes, animaux, allumettes, roue de vélo, etc…). Peu de groupes parviennent à créer une telle atmosphère de proximité, si bien qu’à plein volume, l’écoute de ‘The Pink Caves’ se révèle proche d’un concert improvisé. C’est d’ailleurs sans aucun doute la grande réussite de cet album qui, malgré la richesse de ses arrangements, ne plonge pas dans la grandiloquence, bien au contraire.

Spectral, Fenster l’est. Dans cette procession de douze morceaux, le combo rayonne de toutes parts, surtout dans les ténèbres, avec une pointe de romantisme gothique. Ouatée, sa patte nous enveloppe au point de créer l’obsession, notamment lorsque vient le tour de chant de l’américaine JJ Weihl (‘Sunday Owls’, ‘True Love’, ‘One Repeat’). Durant ce nouveau voyage initiatique, le groupe aux quatre nationalités convoque tour à tour Death & Vanilla, Air et toute la pop de Baltimore, sans s’enfermer dans la moindre référence. Intègre et ingénieux, il parvient surtout à se forger une solide identité en l’espace de deux albums seulement. En plus d’être attachant, ce clan se montre capable de tutoyer les cimes sans sortir de ses caves. On en redemande.

‘Mirrors’, ‘Sunday Owls’, ‘True Love’

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