Fennesz – « Endless Summer »

Endless Summer[Album]
01/01/2007
(Editions Mego/La Baleine)

Le label Editions Mego (ex-Mego tout court) a eu récemment la bonne idée de represser, avec un nouveau visuel et deux bonus tracks, l’album majeur de Christian Fennesz, « Endless Summer »

Sorti initialement en 2001, ce disque dynamite définitivement les frontières entre post-rock, electronica et pop progressiste. Plus accessible que ses opus précédents, réputés pour leur dissonance, Fennesz se fait ici l’héritier des harmonies classieuses des 60’s (The Beach Boys, The Beatles…) pour donner à ses compositions un atour plus pop sans pour autant sacrifier quoi que ce soit sur l’autel du format ou de la mélodie. L’Autrichien fait en effet un travail remarquable sur la texture des sons de sa guitare, créant et superposant des boucles jusqu’à s’en perdre dans l’infini, comme si Aphex Twin avait réenregistré son « Selected Ambient Works Vol.2 » en n’utilisant que des samples de guitares de My Bloody Valentine

Malgré ses six ans d’âge (autant dire une éternité pour la musique électronique), ce disque n’a pas pris la moindre petite ride. Il s’apprécie même sans doute encore mieux aujourd’hui, avec le recul et l’appréciation de ce qui s’est fait ensuite. Du superbe « Caecilia », où l’on jurerait que Tortoise se fait caresser par Four Tet, à l’effrayante montée d’angoisse sur près de onze minutes de « Happy Audio », en passant par le mélancolique « Before I Leave », on tutoie le sublime à maintes reprises. Seule peut-être la voix de Thom Yorke pourrait encore apporter une dimension supplémentaire aux drones de l’Autrichien… On frémit à l’idée de ce qu’une collaboration entre ces deux génies pourrait engendrer si l’envie leur en prenait

Avec cet album, Fennesz a réussi le tour de force d’insuffler une âme et du coeur à la musique contemplative et répétitive, il parvient ainsi à rendre les machines bouleversantes. Peu d’artistes atteignent ce niveau d’émotion dans leur musique, toutes époques et tous styles confondus

Pour être honnête, les deux bonus tracks (« Badminton Girl », paru à l’époque sur un split chez Fat Cat, et l’inédit « Endless ») n’apportent pas grand-chose de plus à l’affaire mais, vous l’aurez compris, l’album était déjà proche de la perfection de toute façon

En tout cas, si vous ne connaissez pas encore Fennesz et que vous êtes férus de Boom Bip ou Mr Cooper, des travaux parallèles de Sonic Youth pour leur label expérimental SYR, voire des productions hyménoptères de Odd Nosdam ou Alias, ce « Endless Summer » risque fort de vous combler..

Petite parenthèse, il est assez ironique de penser que la musique électronique, qui doit tant à la technologie, perd aussi beaucoup avec la dématérialisation de la musique. Comment en effet apprécier ce chef d’oeuvre avec le son tout compressé d’un mp3? Autant le savoir, ce disque s’écoute fort, au casque ou sur un gros système son de préférence. Comme toute bonne musique qui se respecte, en clair

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