Father John Misty – ‘Pure Comedy’

Father John Misty – ‘Pure Comedy’

Album / Sub Pop / 07.04.2017
Joyau folk rock

‘Pure Comedy’ n’est pas un album comme les autres. C’est l’œuvre d’un artiste au sommet de son art, tout à la fois penseur, poète et compositeur de talent. Father John Misty, aka Josh Tillman, réussit le tour de force d’être ces trois personnes pendant 75 minutes d’un disque puissant, capable de décrire les dérives d’un monde privé de raison tout en faisant naître dans notre esprit des images de grands espaces libérateurs. ‘I hate to say it but each other’s all we’ve got‘ : la dernière ligne de la chanson-titre qui ouvre le disque résume à elle seule l’état d’esprit du barde désormais moustachu, et tout l’album est logiquement gonflé de ces saillies verbales acerbes, mais non dénuées d’humour, entre critique sociale et optimisme naturaliste.

Sur ‘Leaving LA’, J. Tillman confie : ‘I never learned to play the lead guitar/I always more prefer the speaking part‘. Alors il tartine (sur plus de 13 minutes quand même…), évoque sa vie, la célébrité et les doutes. Derrière lui, une guitare sèche et quelques cordes font de ce moment charnière un morceau étonnant, qu’on trouvera tantôt trop long, souvent magnifique, mais qui reste quoi qu’il arrive mu par une force incroyable. Tillman parle, parle encore, parle toujours, mais il sait surtout trousser de bien belles chansons, qui évoquent l’âge d’or de la pop, quelque part entre Elton John et Randy Newman : ‘Things That Would Have Been Helpful To Know Before The Revolution’, ‘Ballad Of The Dying Man’, ‘When The God Of Love Returns There’ll Be Hell To Pay’ (magie d’un simple piano et de chœurs lointains), ‘A Bigger Paper Bag’… Avec l’aide du talentueux Jonathan Wilson à la production, le Californien fait de son disque un moment épique et captivant, comme sur le planant ‘Birdie’ et son pont surnaturel suspendu entre ciel et terre.

Très bavard, Tillman laisse rarement les mélodies occuper l’espace. Alors quand cela arrive, il faut simplement profiter. ‘So I’m Growing Old On Magic Mountain’ est un grand moment de poésie qui prend progressivement son envol sur un final qui évoque ‘The Last Resort’ des Eagles il y a un peu plus de quarante ans. Quant à ‘In Twenty Years Or So’, c’est une conclusion en apothéose, sur lequel sa douce voix trouve un écho poignant dans des arrangements de cordes subtils et cinématographiques. ‘Pure Comedy’ se referme alors, et l’on prend conscience d’avoir été témoin de quelque chose de rare, mélange de grâce et d’intemporalité qui font les disques qu’on n’oublie pas.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE

‘Things That Would Have Been Helpful To Know Before The Revolution’, ‘Ballad Of The Dying Man’, ‘Birdie’, ‘So I’m Growing Old On Magic Mountain’


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