Face to Face – « Laugh Now, Laugh Later »

branca180Album
(Antagonist)
06/06/2011
Punk hardcore

Un rapide retour en arrière s’impose. Début des années 2000, le punk hardcore – alors souvent jonché sur des roulettes – vit ses dernières heures de médiatisation après avoir fait la vie belle à nombre de formations du genre. L’émo prend le pas, conquis un public de plus en plus large, dont une partie de celui qui jusque là ne jurait que par les mélodies faciles et les rythmes effrénés des poulains d’Epitaph ou Fat Wreck Chords. Que cela ait un rapport – ou non – avec cette soudaine conjoncture, pas mal de groupes mettent la clé sous la porte, avides de trouver un second souffle ou de prendre une pause bien méritée. Face To Face, actif depuis le début des années 90, est de ceux là et décide de se séparer en 2004, deux ans après la sortie de « How To Ruin Everything« . Suivront de constantes rumeurs de reformation, jusqu’à ce que Trever Keith et ses acolytes décident de reprendre la route en 2008. Trois ans plus tard, c’est donc en toute logique que sort un nouvel opus. Comme si rien ne s’était passé, comme si le sablier n’avait jamais coulé, « Laugh Now, Laugh Later » reprend les choses très exactement là ou Face To Face les a laissées il y a neuf ans, tout en prenant en compte les quelques lourdes erreurs du passé, celles qui avaient notamment plombé cet « Ignorance Is Bliss » préférant le rock de stade aux origines punk des californiens. Du coup, mené de front par une expérience cumulée non négligeable, le quatuor ajoute à sa discographie quelques titres bien de son cru, dont les refrains tubesques, les choeurs mesurés, et les guitares mélodiques nous renvoient illico à nos années de culotte courte (« Should Anything Go Wrong », « It’s Not All About You », « All For Nothing »), voire un peu plus loin encore (« Bombs Away »). Pourtant, bien que le rythme soit généralement moins élevé que lors de ses précédents efforts (« Stopgap »), qu’il se fasse parfois plus lisse (« What You Came For », « Pushover »), Face To Face tient incroyablement la route, et signe même quelques morceaux capables de figurer parmi ses meilleurs (« Blood In The Water »). Car ici, rien ne transpire la reformation poussive, tout prend au contraire des allures de disque passionné, conduit par le plaisir avant tout. Ce n’est donc finalement pas un mythe: du côté de la Californie, la jeunesse est bien éternelle…

Disponible sur
itunes47

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