Eyedea & Abilities – « By The Throat »

eyedea180Album
(Rhymesayers)
05/10/2009
Hip rock

La fusion rap/rock, omniprésente à la fin du vingtième siècle via son plus digne représentant Rage Against The Machine, s’est aussi rapidement essoufflée qu’elle s’était imposée. Du coup, au début des années 2000, marier ces deux genres musicaux, sans finesse ni sens affuté de la composition, faisait d’un ringard ou d’un adolescent attardé le moindre artiste qui s’y risquait. Mais on le sait, la musique n’est qu’un éternel recommencement, et le hip hop, après avoir écumé tout ce que la musique électronique avait à lui offrir, repioche ces temps-ci allègrement dans les sonorités rock, avec plus ou moins de réussite. En effet, quand P.O.S brille avec « Never Better », Cage trébuche avec un récent « Depart From Me » loin d’atteindre ses promesses. Du coup, avec « By The Throat », c’est sans réel étonnement qu’on découvre le visage le plus agressif jamais porté par le duo Eyedea & Abilities, de retour après cinq ans d’absence. Guitares électriques, synthétiseurs, refrains mélodiques, et turntablism donnent donc naissance aux onze titres de ce nouvel opus qui, au fil des écoutes, dévoile malheureusement ses limites. Car d’abord captivé par l’énergie déployée dés l’entame par Michael Larsen et Gregory Keltgen (« Hay Fever »), on peine ensuite à faire abstraction de la platitude de certains titres, notamment en raison du flow pas toujours approprié de Eyedea (« Spin Cycle » sauvé par son refrain facile et l’agilité de Abilities capable de faire chanter les platines tel un Kid Koala). Mais « By The Throat » n’est pas pour autant un réel échec, le duo parvenant à faire mouche en quelques occasions, quand il réendosse le costume de l’entité hip hop rageuse (« Time Flies When You Have a Gun », « Burn Fetish », « Smile », « By a Throat ») ou, au contraire, pousse ses velléités rock à l’extrême (« Junk », le parfait « Factory »). Là, Eyedea & Abilities parviennent à faire oublier qu’on devient difficilement un groupe de rock en un jour, sans la culture et ce qui va avec. Car c’est bien là que le bas blesse sur le reste du disque, que se fait toute la différence entre un artiste capable de jouer cette carte sur la longueur d’un album (P.O.S) et les autres. Malgré cela, la prise de risque et l’option radicale décidées par le duo mérite quelques louanges.

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