Ex:Re – ‘Ex:Re’

Ex:Re – ‘Ex:Re’

Album / 4AD / 30.11.2018
Indie folk sur divan


Deux albums auront suffi à Daughter pour imposer son indie folk mélancolique dans le décor musical des années 2010 : une prouesse dûe à un talent qui n’a pas laissé longtemps indifférent les producteurs de jeux vidéo, notamment ceux de l’adaptation du film Life Is Stranger: Before The Storm qui ont vite décelé, dans la douceur vocale d’Elena Tonra comme dans la profondeur émotionnelle et instrumentale du trio, le moyen d’illustrer au mieux les pérégrinations de leurs héros virtuels. C’était l’an passé, alors qu’on attendait déjà de pied ferme le retour du groupe britannique, et un successeur à l’excellent Not to Disappear sorti en 2016.

Il faudra pourtant encore attendre un peu car, entre-temps et avant d’envisager l’avenir plus sereinement, la chanteuse a trouvé dans la musique un moyen de soigner sa dépression post-rupture sentimentale. En dix titres, comme autant de lettres jamais envoyées, tous volontairement composés avec des instruments inhabituels pour elle, Elena Tonra multiplie les questionnements et analyses au sujet de l’amour perdu faisant la sève de cet album ou l’on renoue inévitablement avec l’émotion à fleur de peau et la beauté mélancolique de Daughter (Where The Time Went).

Mais, comme toute oeuvre personnelle, ce premier album solo va plus loin, plus profond. Ainsi, au-delà d’influences trip hop que l’on découvre plus clairement (New York, Liar) et d’orchestrations plus discrètes privilégiant la voix et les mots, c’est une Elena Tonra ivre de désarroi qui jette ici sa vérité en pâture, qu’elle invite les silences dans ses méditations (The Dazzler, Too Sad) ou qu’elle fasse de chaque sursaut rythmique un halo de lumière ne rendant d’ailleurs pas forcément la musique plus verte qu’ailleurs (Crushing, Romance, I Can’t Keep You).

Car à l’image du magnifique My Heart qui clôt cette thérapie sur une formule des plus épurées et une note d’espoir inespérée, Elena Tonra fait définitivement de la tristesse et de la mélancolie son terrain d’expression favori. Là où, même drapée de ce bleu bien connu pour affecter l’humeur et les émotions, elle rayonne de mille feux et se triture l’esprit, jusqu’à s’interroger sur sa propre capacité à s’autodétruire pour mieux écrire. On le souhaiterait presque à demi-mots et très égoïstement, pour que notre plaisir dure plus longtemps.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Where The Time Went, The Dazzler, My Heart


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