Explosions In The Sky – ‘The Wilderness’

Album / Bella Union – Temporary Residence / 01.04.2016
Post rock

Cinq ans qu’Explosions In The Sky n’avait pas sorti d’album studio – son dernier effort ‘Take Care, Take Care, Take Care’ date de 2011 – soit une éternité à l’ère du très haut débit. Pourtant, le groupe d’Austin n’a pas chômé pendant cette période. Entre de multiples tournées, dont l’une en ouverture de Nine Inch Nails en octobre 2013, les quatre Texans se sont également fendus de deux bandes originales pour le réalisateur David Gordon Green. Loin du fait anecdotique, les musiques de ‘Prince Avalanche’ (2013) et ‘Manglehorn’ (2015), construites en collaboration avec le compositeur David Wingo, laissaient entrevoir une nouvelle facette du groupe. Débarrassé de ses gimmicks visant l’épatement à intervalles réguliers, Explosions In The Sky s’offrait des moments de respiration intimistes parfaits pour accompagner la quête existentielle des personnages portés à l’écran.

Et il n’y a qu’à tendre l’oreille dès les premières secondes de ‘The Wilderness’ pour mesurer l’impact de cette collaboration. Lentement, l’entame éponyme s’ouvre à partir d’une phase de séquenceur auquel viennent progressivement s’ajouter les guitares, un piano, une basse, une batterie… Chaque instrument respectant l’espace de l’autre. On guette le moment où tous ces éléments entreront en collision dans le spectaculaire feu d’artifice sonore auquel nous a habitué Explosion In The Sky, sorte de climax musical et émotionnel qui fait sa marque de fabrique. Mais rien. Ou plutôt si : un violoncelle surgit en final pour souligner l’ample mélodie minutieusement déployée avant de s’éteindre dans un souffle. C’est tout. Mais c’est beau.

Tout au long des neuf titres de son nouvel album, le groupe construit des paysages remaniés, qui gagnent en subtilité ce qu’ils perdent en efficacité. Mais comme ses camarades post-rock de Mogwai, Explosions In The Sky semble déterminé à prendre une nouvelle direction sans pour autant faire table rase du passé. Tant mieux pour nous. Sa palette sonore s’en trouve considérablement enrichie et le plaisir à l’écoute ne faiblit lui jamais. On s’aventure dorénavant dans un paysage composé de multiples chemins épiques mais sinueux, à l’image du titre ‘Colours In Space’. A tous ceux qui avaient fini par abandonner les quatre texans, lassés par leur manie pyromane : revenez, vous pourriez bien être sacrément surpris.

‘Wilderness’, ‘Logic Of A Dream’, ‘Infinite Orbit’, ‘Landing Cliffs’

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