Exploded View – ‘Exploded View’

Album / Sacred Bones / 19.08.2016
Kraut & more

Journaliste politique à l’origine, Anika n’a pas perdu de temps pour s’imposer dans le milieu de la musique. Cela grâce à Geoff Barrow (Portishead) qui, alors qu’elle se déplaçait à Bristol, lui a proposé d’incarner la voix féminine qu’il recherchait pour son projet Beak. Accompagnée du trio anglais, c’est finalement sous son nom qu’elle sort un premier album poussé par les parrainages de poids exercés par les labels Stones Throw aux Etats Unis, et Invada en Europe. Constitué majoritairement de reprises (Bob Dylan, Yoko Ono…), il laissait déjà entrevoir tout le potentiel et l’identité affirmée de la demoiselle, autant de promesses qui finissent de se concrétiser aujourd’hui alors qu’elle revient avec Exploded View, groupe constitué sur le tas en 2014.

Aux côtés des producteurs locaux Martin Thulin, Hugo Quezada et Hector Melgarejo, Anika est donc allée plus loin que la simple idée de répéter en vue de ses prochaines dates mexicaines. Guidé par l’improvisation, le quatuor s’est immédiatement trouvé en osmose, avec la science de répétition du krautrock comme commun accord et ligne directrice principale. Pourtant, porté par la voix captivante, langoureuse et déconcertante d’Anika, Exploded View ne se contente pas de cela et s’offre bien d’autres libertés. Celles qui l’emmènent tutoyer – le plus souvent avec brio, toujours dans une atmosphère froide et ténébreuse – l’electro (l’imparable ‘Orlando’), la no wave et le post punk (‘No More Parties In The Attic’), le rock (‘Disco Glove’), ou le dub (‘Gimme Something’), et même prendre le pari de la langueur soul, comme sur l’enchanteur ‘One Too Many’, également un des grands moments de ce disque.

Enregistrée dans des conditions live et en une seule prise, cette première collaboration estampillée Exploded View a pour elle, au-delà de son incroyable cohérence malgré la diversité affichée, toute la spontanéité et l’authenticité qui découle de la méthode. Elle pousse aussi à se questionner sur la qualité plus grande encore qui pourrait éclore de ce groupe s’il prenait le temps de composer et se produire dans des conditions plus confortables. Voilà peut-être là la raison de croire en une suite qui, avec une telle mise en bouche, ne manquera sans doute pas d’accueillir les âmes en quête d’atmosphères aussi attirantes que marginales.

‘One Too Many’, ‘Orlando’, ‘No More Parties In The Attic’

À lire ou écouter également:

, ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire