Escobar – ‘Escobar’

Album / I Love Limoges / 01.2015
Garage punk

Toujours, je garderai une affection toute particulière pour le nom Escobar. Non pas qu’il me rappelle mes années d’adolescent passées au milieu d’effluves stupéfiantes. Plutôt qu’il me permit un jour d’arracher cet éclat de rire franc, apitoyé surtout, de ma professeur d’espagnol quand, du bout de ses lèvres objets de tous mes fantasmes, elle me soufflait le prénom de Pablo en espérant que je lui cite enfin le nom d’auteur qu’elle attendait impatiemment. Alors que je lui lâchais brutalement l’identité de l’historique baron de la drogue, je voyais dans son regard désabusé et attendri qu’elle avait finalement compris la seule raison de ma présence assidue à ses cours. Escobar ayant donc toujours été pour moi synonyme d’addiction, de près comme de loin, il fallait que je le vérifie une nouvelle fois à l’écoute du premier album de ce duo limougeaud.

Bien décidés à défriser la plus récalcitrante des épaisses moustaches colombiennes, les deux – un guitariste, et un batteur passé chez The Bushmen et Stereozor – alignent ici douze titres courts, directs, souvent tubesques (‘Bedtime’, ‘Stuck’), qui les invitent à dignement prendre part à la déferlante garage-punk secouant actuellement la scène rock. Parce qu’à leur écoute, la spontanéité et la détermination d’Escobar sautent à la gorge, soulignées par une volonté évidente de foncer tête baissée, en ne soignant rien d’autre que ce qui fait couler la sève du genre depuis toujours, quitte à se mettre à dos le puissant syndicat des bassistes: une énergie débordante préférée à la complexité des compositions, des mélodies faciles pour des refrains qui collent au train, le tout craché dans le micro tel un one-shot.

L’intention est bonne, la formule fonctionne, même si le duo pourrait en perdre quelques-uns en route en cédant trop ouvertement à ses élans rock n’roll (‘Drugs In My Veins’, ‘Voodoo Baby’), comme à ses quelques relents nineties, The Hives en tête (‘In The City’). Mais puisque d’autres y verront sans doute l’occasion pour Escobar de souligner son identité, ces deux excités doivent certainement se foutre pas mal de ce petit bémol de bégueule. Au moins autant que moi des conjugaisons au subjonctif de Madame Esnault.

‘Bedtime’, ‘Stuck’, ‘I Love Your Body’, ‘Freak Out’

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