Erik Truffaz – « Arkhangelsk »

Arkhangelsk[Album]
12/03/2007
(Blue Note/Emi)

Des couleurs, on aura eu droit à quelques unes depuis les premiers pas de la discographie d’Erik Truffaz. Hip hop au temps ou notre trompettiste et Nya étaient inséparables, rock sur « The Walk Of The Giant Turtle », musiques du monde sur le dernier « Saloua », ont donc tour à tour ou simultanément enrichi le background jazz de l’artiste. Une chose manquait encore pourtant: une voix humaine, douce et mélodieuse, accompagnant à merveille cette trompette chaleureuse pour un mariage marquant, nouveau, clairement pop. N’allez pourtant pas croire que Truffaz allait nous la jouer Louis Armstrong ou Chet Baker. Non, en plus de la petite présence de Nya de retour depuis quelques disques (« Trippin’ The Lovelight Fantastic »), il a préféré faire appel à un véritable savoir faire, à l’expérience, c’est à dire à « notre » Christophe national (peu convaincant cependant) mais surtout à l’Anglais Ed Harcourt, pour peaufiner cette musique née, jouée et assumée en quartet. Car « ArkhanGelsk » (du nom d’une ville russe au bord de la mer Blanche) va bien plus loin qu’un simple album de trompettiste. Chaque musicien y tient son rôle la tête haute, au service de personne sauf de la musique, encore plus cohérente qu’auparavant puisqu’en aucun cas elle n’a été composée pour accompagner un chant plus présent que sur les précédents disques. Truffaz et sa bande n’accompagnent pas, mais créent un vrai un tout, un univers auquel tout le monde s’adapte avec brio et au sein duquel apparaissent cette fois un orgue Hammond et percussions, véritables nouveautés de ce disque. La preuve avec les quelques instrumentaux qui ornent cet opus (« Miss Kaba », « Les Nuits de Monsieur Naj », « Arkhangelsk, « Akiko », « Entre Le Ciel Et l’Eau »), suscitant le manque du petit quelque chose qui l’aideront à flirter avec la perfection. Un manque comblé lorsque Ed Harcourt, rencontré lors d’une soirée hommage à Chet Baker au New Morning, vient poser sa voix sur « Red Cloud », « Manon », et les superbes « Snake Charmer Man », « Nobody Puts The Baby In The Corner », et « Anonymus ». Truffaz pose donc une nouvelle carte sortie d’un jeu décidemment plein d’atouts, et comblera ses fans tout en les dépaysant quelque peu. Pas donné à tout le monde

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