EPMD – « We Mean Business »

We Mean Business[Album]
12/01/2009
(Bodog/Import)

C’était dans l’air depuis quelques années. Après s’être réunis sur scène, c’est en studio qu’Erick Sermon et Parrish Smith se sont retrouvés pour un septième album, neuf ans après « Out Of Business » qui signait leur adieu à la scène hip hop en tant qu’EPMD. Nous ne reviendrons pas sur leur discographie impressionnante (ils ont livré quelques fameux hits éternels), ni sur leurs relations parfois houleuses. On préfèrera insister sur un futur qui s’annonce fructueux, tant l’alchimie semble renaître pour ce « We Mean Business »

S’ils laissent le soin à Ty Fyffe de produire le premier titre « Puttin’Work In » (feat Raekwon), tout à fait honorable, on reconnaît immédiatement leur patte quand arrive « What You Talkin » (feat Havoc de Mobb Deep). Même s’ils jouent dans un registre qui les représente moins par son côté sombre, la basse, elle, est du EPMD pur jus, à la fois lourde et tout en rondeur. Mais c’est « Roc Da Spot » qui ouvre véritablement les hostilités. Un soupçon de vocodeur, un beat qui claque et sent le funk à cent lieues. Nul doute que les dancefloors soient déjà en ébullition, comme attendant leur retour depuis trop longtemps. « Listen Up » (feat Teddy Ryley) finira de rassurer les fans d’un rap Boom-Bap, jusqu’à maintenant orphelins de leurs plus dignes représentants

S’ils se chargent de la majorité de la production, ils ont tout de même délégué à une poignée de valeurs sûres le soin de concocter quelques beats. Ainsi Dj Honda se charge de « Never Defeat Em » (feat Method Man) au sample de guitare démoniaque; 9th Wonder de « Left 4 Dead » (feat Skyzoo), sur lequel on reconnaît immédiatement sa patte par une construction pour le moins décalée. Mais nul besoin d’aide pour quelques bombes intemporelles, affichant la même énergie qu’on leur connaissait dans les années 90, à l’instar de l’énorme « Yo » sur lequel ils retrouvent Redman avec qui ils fondèrent le Hit Squad. On se rappellera aussi qu’Erick Sermon et ce dernier, accompagnés de Keith Murray, furent à l’origine du Def Squad, que l’on retrouve d’ailleurs sur « They Tell Me », histoire de réunir la famille

Autre invité, mais pas des moindres: Krs One sur « Run It », titre mettant en avant les qualités de Mcs des deux compères d’EPMD. Ils n’ont certes pas les flows les plus impressionnants, mais les lyrics touchent juste, et la technique est toujours là, précise, sans fioriture. La présence de Dj 4our 5ive est à mettre en relief tant elle apparaît précieuse, notamment sur « Bac Stabbers » ou « Jane », et également celle de Dj E.V sur « Blow », tous deux apportant cette touche résolument hip hop que le duo new-yorkais n’a cessé de représenter tout au long de sa carrière

Même si certains auront l’impression que l’ensemble tourne en rond, d’autres salueront justement cette ligne directrice qu’EPMD a choisi de suivre. Ce « We Mean Business » aurait pu être réalisé en 90 que nous n’y aurions vu que du feu. Les b-boys sauront apprécier comme il se doit le retour d’un des groupes les plus emblématiques d’une époque, qui leur aura fait user un certain nombre de diamants et de sneakers. Passé maître dans l’art du sample efficace, EPMD n’a pas besoin d’artifice pour faire groover le rap comme personne. Les choses les plus simples sont souvent les meilleures

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