Epiq – ‘Duo/Trio’

Album / Autoproduit / 20.11.2015
Psychedelic tropical rock

Epiq, c’est d’abord une histoire de retrouvailles. Celles de deux ex-Headcases aujourd’hui accaparés par de nombreux projets. D’un côté, Laurent Paradot, bassiste élastique et prolifique qui officiait encore il y a peu chez Gâtechien et qui, depuis, se mue dans la chanson française avec Parade. Et de l’autre, Mat Gaz, batteur brillant et boulimique d’expériences, toujours sur la route avec Mars Red Sky ou James Leg, pour ne citer qu’eux. Les deux creusent ensemble un rock instrumental puissant et rythmique, puis rencontrent en chemin un troisième larron, tabasseur de balafon, le cul entre punk et musiques africaines. Le résultat prend alors des allures de rock exotique et psychédélique que le trio concrétise au fil d’un premier album éponyme.

En deux actes de cinq titres chacun, le groupe envoie des morceaux charpentés et toniques. D’abord en duo, basse et batterie se donnent le change. On reconnait immédiatement la patte singulière de Paradot qui, en remplissant l’espace de loops et de mélodies racées, nous entraîne dans un tourbillon frénétique. Son acolyte n’est pas en reste en proposant des plans rythmiques en mouvements permanents, ou l’énergie est toujours au rendez vous. C’est à la fois rock, heavy, planant et puissant (‘Epiq Assiette’, ‘Epiq Abeille’, ‘Epiq Ou Rien’, ‘Epiq Formidable’).

Puis, dans le second acte du disque, apparait le balafon. Sans changer radicalement d’orientation, la musique d’Epiq prend soudainement des allures plus tropicales. L’énergie reste intacte mais place la rythmique au premier plan. Batterie et balafon croisent le fer dans des dialogues toniques, tordus et bien ficelés (‘Black Samba’, ‘Bomba Touré’), quand la basse continue de nous offrir de grands écarts entêtants. Le trio se fait aussi plus aérien et léger en louchant vers des sonorités mélodiques plus africaines (‘Bomba Cure’, ‘Komkoba’, ‘Boomba Gay’).

A la fois rock, exotique, et un tantinet fanfaronne, la musique d’Epiq fait mouche de part son originalité d’orchestration et ses compositions bien foutues. Le trio n’est pas né de la dernière pluie, et l’expérience musicale de chacun des protagonistes apparait sous les traits de morceaux alambiqués et mouvants, manœuvrés avec tact et originalité dans une complexité technique affolante. Si pour certains, la France est un pays de race blanche, ces trois là sont des albinos. Une bonne et belle surprise de fin d’année.

‘Epiq Assiette’, ‘Epiq ou Rien’, ‘Boomba Touré’

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