Elliott – « Song In The Air »

Song In The Air[Album]
29/04/2003
(Revelation/Chronowax)

Elliott est comme le temps. Imprévisible. Après avoir débuté sa carrière avec un premier album estampillé émo, le combo a surpris son petit monde en proposant un « False Cathedral » plus personnel de par ses accents new age. Inutile de vous dire que lorsque l’on a appris que le groupe préparait un troisième album, nous avions plutôt hâte de savoir dans quelle direction le quatuor allait se diriger. Et comme nous pouvions nous en douter, Elliott surprend et impose sa griffe

Comme Radiohead a pu le faire avant lui, le groupe semble encore creuser un peu plus son côté expérimental subtilement marié à une pop accessible. Le résultat n’est autre que vibrant voir même frissonnant. La maturité du combo ne suscite désormais plus de doute et s’illustre à merveille tout au long de ce « Song In The Air » bien loin de battre le vent mais plutôt susceptible d’enrhumer bon nombre d’aficionados de formations affirmées telles que Radiohead (avec lequel le chant a quelques ressemblances, décelables sur « Believe »). Sans jamais tomber dans l’élitisme et l’incompréhensible, cet opus présente un Elliott plus perfectionniste, aidé par une production totalement en adéquation avec son visage artistique et des compositions balançant entre mélancolie, intensité et complexité digeste. « Song In The Air » se permet de conjuguer beauté (« Beijing ») et énergie allant même parfois jusqu’à se passer de chant comme sur le renversant (« Drag Like Pull »). Tout joue en faveur de ce contraste des émotions, omniprésent tout le long de cet album, et appuyé par des interventions originales comme celles, récurrentes, d’un quatuor à cordes assemblé par Christian Frederickson de Rachel’s (« Carry On », « Song In The Air »). L’auditeur entre ainsi sans peine dans les profondeurs de chaque titre ou il sera touché de plein fouet par les émotions s’en dégageant

« Song In The Air » est un album mature et plus que réfléchi qui renvoie une image rarement aussi personnelle. Elliott est, à cette occasion, nul autre qu’une source de bonheur inépuisable qui illustre toute la créativité pouvant encore se dégager du rock. Après, suivant les goûts, on aime ou on déteste mais personne ne pourra rechigner sur cette approche méritant bon nombre d’éloges. Plus qu’un simple album, une oeuvre d’art trop rare pour passer à côté.

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