Ellen Allien – « Sool »

Sool[Album]
19/05/2008
(BPitch Control/Pias)

La belle Berlinoise n’était plus réapparue en solo depuis 2005 et « Thrills« , suivi ensuite que de son expérience partagée avec Apparat sur « Orchestra Of Bubbles ». Trois ans, c’était bien assez pour qu’Ellen Allien prenne tout son monde à contre-pied avec « Sool », un nouvel opus qu’on était bien loin d’attendre de sa part, et qui sonne déjà comme un chapitre à part de sa discographie, l’interlude de la vie d’une femme frappée par un élan de maturité. Finies les enfilades de tracks vite consommées, destinées à retourner les dancefloors.

Cette fois, l’Allemande est fermement décidée à faire travailler les méninges de son public plutôt que ses jambes. Pour cela, elle a loué les services de AGF, plutôt connue pour ses travaux expérimentaux et IDM. Résultat, « Sool » est l’album le plus minimal, calme, planant et atmosphérique dont l’Allemande ait accouché jusque-là: « Its », pourtant sage, en sera le vilain petit canard, « Zauber » sa sucrerie, et le doux et popisant « Frieda » certainement le plus concret et grand public. C’est gros comme le nez au milieu de la figure, Ellen Allien a poussé les murs, oxygéné sa musique, comme si dégager au maximum le spectre sonore avait finalement été son but. Du coup, les habitués devront se préparer psychologiquement à une tout autre taulière que celle qu’ils ont connue jusque-là, notamment pour ne pas lui tourner le dos trop hâtivement et laisser une chance à son nouveau cap. Car la demoiselle est couillue, prend des risques que seule une icône de l’electro à la crédibilité des plus solides peut prendre (la performance « Bim »). Et s’il surprend dans un premier temps, « Sool » rend également mal à l’aise en nous plongeant dans une ambiance presque inconfortable, aussi sombre qu’humide, proche de celle des lourds orages printaniers (à ce petit jeu, « Sprung » et « Caress » décrochent la timbale). C’est alors qu’il faudra prendre cette approche rythmique nouvelle pour acquise, et porter toute son attention sur le travail léché d’accompagnement, pour par exemple capter comme il se doit le goutte à goutte de « Elphine », ou le souffle chaud de « Ondu ». Pour cela, c’est désormais chez nous qu’Ellen Allien nous invite à rester posés confortablement, le casque bien vissé sur la tête, et ce « Sool » à fond les gamelles pour se laisser partir et n’en rien manquer

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