Electric Guest – « Mondo »

elec180Album
(Because)
23/04/2012
Pop aseptisée

Il y a à peine trois mois, Electric Guest officialisait pour de bon son existence avec la sortie du Ep « This Head I Hold » qui plantait déjà parfaitement le décor de « Mondo »: un premier album qui pourrait marquer le début d’une grande aventure pour ce groupe californien mêlant habilement groove et mélodie, en partie grâce à la contribution de poids d’un certain Dangermouse qui a fait de cette approche sa marque de fabrique. En effet, que ce soit pour Broken Bells, Gnarls Barkley et tous les groupes qu’il a produit (Black Keys en tête), Brian Burton imprègne systématiquement sa patte sur tout ce qu’il touche, jusqu’à parfois s’imposer dans la tête du public comme un membre supplémentaire du groupe avec qui il travaille. Bon, on exagère un peu, mais la vérité n’est pas loin.

En se soumettant totalement à son expérience, Electric Guest ne fait pas exception à la règle, et prive quelque peu « Mondo » et ses mélodies ensoleillées de posséder un réel intérêt à une période de l’année ou l’on rêverait de troquer le parapluie pour les premières chaleurs estivales. Si on ne reviendra pas sur trois des quatre titres déjà présents au tracklisting de l’Ep (le funky « This Heald I Hold », la longue ballade « Troubleman », et le tube « American Daydream ») qu’on aurait préféré voir remplacés par de la matière nouvelle, tous s’imbriquent bien gentiment dans cet album qui tient en grande partie son homogénéité d’une production ultra léchée, voire surfaite, qui finit par le lisser. Et lasser.

Ça ne se ressent pas sur les morceaux les plus nonchalants (« Holes », « Amber »), ceux qui se bordent de synthés, de basse, et qui paraissent au final les moins opportunistes et calculés. Plutôt sur les autres, ces « Under The Gun », « Awake, « The Bait » et « Waves » qui soignent le relief du disque en tirant quelques ficelles assez doucement pour ne jamais qu’elles cassent et qu’elles lèvent le voile sur des ambitions inavouables. Celles d’en mettre plein la vue, de brosser dans le sens du poil pour toucher un public aussi large que possible, et de s’en mettre plein les fouilles avant que ce « Mondo » arrive à sa date de péremption: la fin de l’été. Trois mois, comme Broken Bells. Voilà qui pourrait enfin mettre la puce à l’oreille d’un DangerMouse qui aurait bien besoin, lui aussi, de se mettre un peu en danger.

itunes36

En écoute intégrale

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