El Baron Brissetti – « Dogsteps Ep »

Dogsteps Ep[Album]
01/08/2007
(100 Complex/Topplers)

Nous vivons dans un monde paradoxal, c’est un fait. Et la situation difficile que vivent tous les acteurs du disque en ce moment ne risque pas d’arranger les choses. Une grande frange de la musique électronique est par exemple destinée à faire danser les corps. Il est donc impératif pour les nouveaux artistes de pouvoir sortir leurs productions en format vinyl, afin de pouvoir être joués par des Dj’s en clubs, qui à terme donneront peut-être envie au public d’acheter l’album… en CD. Jusque là, c’est presque normal

Le problème, c’est qu’il est quasiment impossible pour les petits labels d’assumer financièrement les deux formats. Du coup, les artistes choisissent souvent de sortir d’abord l’album en CD (puisque c’est moins cher à fabriquer et que ça se vend plus facilement), faute de mieux. Et souvent, ces disques finissent par prendre la poussière dans les bacs des magasins, faute de diffusion dans les lieux où se trouvent les acheteurs potentiels. Revenez à la case départ, ne touchez pas les 20000 francs

C’est peu ou prou ce qu’a connu le duo El Barön Brissetti, comme des centaines d’autres anonymes, avec son premier album « Woodpecka Shoes« , en dépit d’un pourtant bon accueil de la presse spécialisée (Trax, Coda, D-Side, Elegy…). Les deux hommes ont donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de briser ce cercle vicieux en sortant rapidement un maxi vinyl, épaulés par le tout jeune label 100 Complex Records, dont c’est la première sortie (la version CD de l’album étant parue sur le label grenoblois Discordian)

A l’écoute de l’inédit « Dogsteps », on subodore que le duo a tiré quelques conclusions de ses expériences scéniques depuis la sortie de « Woddpecka Shoes ». Leur sens de la composition a en effet sensiblement changé: les structures se sont simplifiées, on entre plus directement dans le vif du sujet, et on s’en tient à l’essentiel, à savoir tenir les gens sur le dancefloor. Le beat a beau rester mid-tempo, il est quand même du genre « Elle est par où, la piste? C’est tout droit! », les basses tortillent lascivement du popotin, tandis que les samples de voix vous remontent le long des cuisses. Un bon morceau pour démarrer la soirée..

Comment faire quand on fait de l’electro, qu’on souffre d’une inJUSTICE médiatique parce qu’on ne vit pas dans une capitale réputée pour son clubbing, et qu’on n’a pas le budget pour s’offrir un remix labellisé Ed Banger ou Institubes? Eh bien, on se souvient qu’on a été punks par le passé et qu’il existait alors un truc qui a maintes fois fait ses preuves depuis: le do-it-yourself. Les deux loustics se re-penchent donc eux-mêmes sur leurs morceaux et re-rentrent dans le lard de « My Poney Funk » (feat. Julien et Pitch, du groupe Idem) et de « Ultimate Japanese ». On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Le duo a donc mis en avant ses points forts (un son bien fat, des gimmick de claviers qui vous restent dans le crâne…) et prolongent le plaisir dans des extanded versions à se pâmer d’extase. On pense forcément aux débuts de Vitalic et pas qu’à cause du « Poney » dans le titre..

El Barön Brissetti sera à l’affiche du prochain festival Scopitone à Nantes, réputé pour être à la pointe en matière d’électronique. Il vous reste donc un petit mois pour vous mettre à niveau

En commande sur le myspace du label ou ici et

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