Eh! – « 36 de 48 »

eh180Album
(Bcore)
04/2009

Illustre inconnu quand on ne fera que prononcer son identité civile, Elias Egido le sera beaucoup moins pour un public rock pointu qui s’est un temps laissé aller aux sauvageries parfaitement maîtrisées des Ibérique de Standstill. Le Catalan en était, lui qui, en tant que bassiste, se portait volontiers responsable des dérives expérimentales, jazz et électroniques du groupe. Ayant abandonné tout travail collectif depuis quelque temps, l’Espagnol préparait secrètement un nouveau projet très personnel qui n’allait pas manquer de mettre tout son talent et son bon goût en lumière. C’est ainsi que Eh! met au monde «36 De 48», un album de dix titres instrumentaux dignes d’une bande originale de film, au croisement de Lalo Schiffrin et Tortoise, qu’il a lui-même composés, enregistrés, et mixés pour en faire une œuvre en tout point personnelle. Même si quelques éminents musiciens de la scène rock espagnole (issus de Same Old, Tokyo Sex Destruction ou It’s Not Not) sont venus gracieusement interpréter les parties instrumentales qu’il fallait pour accompagner son travail de basse, contrebasse et programmation. C’est donc logiquement que ce disque dévoile chacun de ses détails au fur et à mesure que les écoutes se multiplient, laissant cette agréable impression d’œuvre sans fin. Car ici, tout est pensé jusque dans les moindres recoins, l’instrumentation est dense mais digeste et toujours accessible («La Cortina De Mi Propio Ego»), échappant constamment au piège d’une musique trop cérébrale et ennuyeuse. Et quand l’inspiration du bonhomme est à son comble, comme sur les bluffants «Una Dificil Relacion Con El Mundo», «Despierta Gata», et «Azul», on garde en tête ses images invisibles que seul Elias Egido est capable de dessiner du bout de ses baguettes de chef d’orchestre. On le dit, et on le répète, c’est sous le soleil d’Espagne que le rock offre son meilleur jus.

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