Eels – « Hombre Lobo »

eels1801Album
(Vagrant)
01/06/2009

Mark Oliver Everett, l’homme qui se cache autant derrière sa longue barbe que sous le pseudo Eels, est de ces génies aussi torturés que prolifiques dont l’Amérique a enfanté. Marqué à jamais par le décès de ses parents et le suicide de sa soeur à la fin des années 90, il traîne depuis une solitude, voire même un état dépressif, qui transpire immanquablement dans chacun de ses albums depuis « Electro Shock Blues ». Pourtant, souvent considéré comme un alter-ego de Beck pour sa tendance à toujours innover musicalement, à multiplier les instrumentations comme les collaborations, Eels ne s’est jamais rien refusé. Des arrangements pop complexes de « Daisies Of The Galaxy » au franchement plus rock « Souljacker », en passant par le bluesy « Shootenanny » ou le panoramique « Blinking Lights And Other Revelations », tous ont contribué à faire de lui une figure incontournable de la scène rock. Quatre ans après sa dernière mouture, Eels ouvre donc un nouveau chapitre de sa thérapie avec « Hombre Lobo », un album qui tourne inlassablement autour du désir et de l’instinct animal, qui souligne une fois de plus le talent du bonhomme. Car, même si on l’a connu plus original sur ses précédents disque, Everett fait ici une belle démonstration de ce dont il est capable, optant ici pour un garage rock sulfureux et une voix saturée (« Prizefighter », « Lilac Breeze », « Tremendous Dynamite », « What’s a Fella Gotta Do »), ou là pour de séduisants morceaux pop (« My Timing Is Off », « Beginner’s Luck »). Mais ce sont aussi, et surtout, ces sublimes ballades mélancoliques, reflets de toute la sensibilité qu’il contient derrière sa gueule de loup, qui donnent à cet album tout son intérêt: « That Look You Give That Guy », « In My Dreams », « The Longing », « All The Beautiful Things » et « Ordinary Man » sont tous des pics émotionnels qui, même en toute simplicité, atteignent immédiatement leur but. Certains y regretteront cette facilité à revenir sans cesse sur une recette qui marche, mais personne ne pourra réfuter la pureté de ses mélodies, l’accessibilité sans borne de chacun des morceaux de ce « Hombre Lobo », loin de faire pâle figure au sein d’une discographie pourtant atypique. A déguster sans modération en attendant un prochain chapitre en tous points différent. Ou pas.

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